Bruxelles, 03/10/2002 (Agence Europe) - L'audition sur le cancer du sein organisée par la commission des droits de la femme du Parlement européen, présidée par la socialiste grecque Anna Karamanou, a confirmé l'importance du dépistage précoce et d'un meilleur échange d'informations sur les bonnes pratiques en matière de traitement. Il s'agissait aussi de montrer ce que l'Union a déjà fait et de réfléchir sur ce que nous voulons pour l'avenir, a dit la sociale-démocrate-allemande Karin Jöns qui est à l'origine de cette initiative, et qui a rappelé que le cancer du sein est la principale cause de mortalité des femmes entre 35 et 55 ans et que toutes les 6 minutes une femme en meurt dans l'UE. Alors que le nouveau programme-cadre de recherche prévoit une enveloppe de 400 millions d'euros pour le cancer, Mme Karamanou a notamment souhaité un développement de la recherche sur le cancer du sein. La commission des droits de la femme élaborera un rapport d'initiative sur ce dossier.
Le dépistage précoce et régulier incluant le respect des lignes directrices de l'UE, notamment en ce qui concerne le bon usage des mammographies, permet de réduire de 35% les décès liés au cancer du sein. C'est ce que montre l'application de cette technique aux Pays-Bas, en Finlande, en Suède et au Royaume-Uni. Malheureusement, seulement huit Etats membres appliquent complètement ces lignes directrices. Cinq Etats membres (Autriche, Allemagne, Grèce, Italie et Espagne) n'ont toujours pas adopté de programme national de dépistage et deux (Danemark et Portugal) viennent tout juste de le lancer en 2002. Aux yeux de Mme Jöns, il est donc indispensable d'augmenter la pression exercée sur les Etats membres pour qu'ils appliquent ces lignes directrices qui fixent des principes pour la formation des radiologues et un certain nombre de conditions garantissant l'efficacité de l'examen. Il s'agit notamment de garantir la découverte des tumeurs alors qu'elles n'excèdent pas encore 5 à 6 mm. Pour disposer de cette finesse de lecture, le radiologue devrait effectuer au moins 5000 mammographies par an. A l'heure actuelle, les cancers sont encore diagnostiqués lorsque la tumeur atteint 2cm, ce qui implique des traitements plus lourds et des risques beaucoup plus grands. Pour Mme Jöns, il faut aussi renforcer les échanges de bonnes pratiques et élaborer de nouvelles lignes directrices pour le traitement. Elle préconise ainsi l'établissement de critères communs pour l'instauration et le fonctionnement de centres spécialisés dans le cancer du sein. Ces critères devraient en particulier garantir que ces centres effectueraient au moins 150 opérations du cancer du sein (première intervention sur le patient) par an afin d'avoir le niveau d'expérience requis, ainsi que la discussion de chaque diagnostic par une équipe multidisciplinaire. Le travail de mise en réseau devrait se poursuivre et le Commissaire David Byrne (Santé) s'y est montré favorable lors de l'audition. Il a également donné son aval au développement d'un site Internet commun (aux DG Recherche et SANCO de la Commission). Cette suggestion de Mme Jöns avait déjà reçu un accueil favorable du Commissaire Busquin (recherche).