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Bulletin Quotidien Europe N° 8252
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M. Haarder veut « prendre des décisions » sur l'asile et l'immigration - Programme de la Présidence danoise

Bruxelles, 10/07/2002 (Agence Europe) - "Maintenant on doit parler de choses sérieuses ... il faut prendre des décisions", a déclaré le ministre danois de l'Immigration et de l'intégration en présentant mardi après-midi à la commission des libertés du PE le programme de la Présidence danoise pour les affaires intérieures. La mise en œuvre des conclusions de Séville sur la lutte contre l'immigration clandestine, et la charge de l'examen des demandes d'asile au sein de l'UE ont été les sujets les plus évoqués dans les échanges entre le ministre Bertel Haarder et les députés. Ceux-ci ont réservé un bon accueil à leur ancien collègue et membre de cette commission parlementaire, certains se montrant tout de même inquiets du fait des politiques plus sévères que viennent d'adopter plusieurs Etats membres dont le Danemark, d'autres appréciant une approche "équilibrée". Bertel Haarder a aussi présenté le programme de travail proposé par le Danemark pour assurer le suivi de Séville (voir EUROPE du 5 juillet p.6 et du 23 juin p.10).

Ce que le Danemark retient avant tout des conclusions de Séville, c'est la décision d'inclure une clause sur la réadmission des immigrés illégaux dans tout accord de coopération avec un pays tiers. Mais aussi la possibilité de sanctions. Le Conseil européen "a dit que le Conseil peut décider à l'unanimité de prendre des sanctions, il n'y a là rien de neuf, ce qui compte c'est que si nous coopérons avec un pays tiers , nous devons demander le principe de réadmission", a-t-il souligné devant les parlementaires, alors que le Danemark fait partie des pays qui auraient souhaité une affirmation plus forte de la menace de sanctions. "La réadmission doit être inscrite dans les faits, et dans ce cas il n'y aura pas besoin de sanctions", a-t-il ajouté.

Si la libérale britannique Sarah Ludford l'a félicité pour son "approche équilibrée", la socialiste espagnole Anna Terron s'est dite "inquiète" des conclusions de Séville et de ce que "chaque jour les Etats membres modifient leur propre politique à l'encontre de ce qui a été décidé à Tampere" pour une politique européenne d'asile et d'immigration. A Francis Newton-Dunn (libéral britannique) qui l'interrogeait sur le lien qu'il voyait entre la lutte contre la pauvreté et la politique d'immigration, le ministre a répondu que "en aidant un pays on ne diminue pas forcément les flux migratoires, qui sont une sorte de cris d'alarme". Dans les conclusions de Séville, l'Union se disait prête à "apporter toute l'aide technique et financière nécessaire pour la coopération en matière de contrôle des frontières et de réadmission". Anna Terron s'est interrogée sur ce point, vu "le faible budget JAI". "On ne parle pas d'aider les pays tiers à contrôler leurs frontières - sauf le cas particulier des pays candidats mais cela fait partie de l'acquis", a déclaré le ministre en marge de la réunion mardi. "Ce dont nous parlons ce sont des accords de commerce ou de coopération, mais avec des conditions: ne pas être trop corrompus, avoir un peu de démocratie et reprendre leurs ressortissants présents illégalement en Europe", a-t-il précisé.

Le Danemark veut arriver à un accord sur le règlement Dublin II au cours de sa Présidence et va proposer "très bientôt" un schéma "pour en assurer le fonctionnement", a déclaré le ministre. Ce règlement, proposé il y a un an par la Commission, vise à redéfinir quel Etat membre doit examiner une demande d'asile. Le pays qui aurait sciemment ou non laissé un clandestin séjourner sur son territoire un certain temps serait chargé d'examiner la demande d'asile même si elle est présentée ensuite dans un autre pays (EUROPE du 28 juillet). La Grèce, l'Italie et la France sont les trois pays les plus réticents. En visite en Grèce "qui a le plus d'inquiétudes" lundi, Bertel Haarder a parlé de cette question. Ces pays "craignent que tous les demandeurs d'asile leur soient renvoyés avec Dublin II combiné au dispositif Eurodac" sur les empreintes digitales des demandeurs d'asile, a-t-il souligné .

L'intégration des immigrés est un "point prioritaire", a déclaré Bertel Haarder en débutant son intervention. "L'intégration nous pose beaucoup de problèmes, le degré de tissu social de l'Etat providence est tel que l'intégration sur le marché du travail est difficile quand quelqu'un ne parle pas la langue ou ne possède pas de qualification", a-t-il affirmé. Le Danemark a organisé jeudi et vendredi derniers une conférence sur l'intégration sur le marché du travail, dont les conclusions, qui n'ont pas encore été rédigées, seront soumises au Conseil informel JAI de Copenhague les 13/14 septembre. "L'objectif de la conférence était d'établir un rapport sur les meilleures pratiques, pour montrer qu'après Séville on ne parle pas seulement de garder les gens dehors", explique un porte-parole du ministère danois de l'immigration.

Interrogé sur l'opt-out du Danemark sur certains points de la politique européenne d'asile, le ministre a assuré que "ces réserves ne concernent que le Danemark, puisqu'il ne peut pas voter", mais n'affectent pas les autres Etats membres. Il y a eu un référendum négatif sur cette question l'année dernière, "donc nous devons attendre un peu", a-t-il précisé en ajoutant que "là où il y a des réserves, nous allons étudier la possibilité d'adapter la réglementation danoise sur la base de la réglementation européenne".

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