Bruxelles, 16/08/2001 (Agence Europe) - Les premiers soldats (400 Britanniques) participant à l'opération de l'OTAN de surveillance et de collecte des armes qui doivent être volontairement déposées par les rebelles albanais de Macédoine pourront être à Skopje dès ce vendredi. Yves Brodeur, porte-parole du Conseil de l'OTAN - qui s'est réuni le 15 août à Bruxelles pour tirer les conclusions de l'accord de paix signé le 13 août à Skopje entre Macédoniens et Albanais- l' a annoncé à la presse, en précisant que ce l'arrivée de ce premier contingent sur place facilitera le déploiement de l'ensemble des troupes qui conduiront l'opération "Essential Harvest" (3 500 effectifs, dont 1 400 soldats britanniques, 450 italiens et 400 grecs, sur une participation de douze pays membres de l'Alliance), mais que le déploiement complet " sera possible "seulement lorsque toutes les conditions auront été remplies". Il est difficile de constater avec certitude à quel moment le cessez-le-feu est "réellement durable", a ajouté M. Brodeur. Le Conseil de l'Atlantique Nord, lors de sa réunion de mercredi, a en effet pris une première décision, concernant la mise en place du quartier-général d'"Essential Harvest. Le général danois Gunnar Lange, qui dirigera l'opération, a affirmé que "les conditions sur le terrain doivent être les bonnes avant de procéder au déploiement. Le cessez-le-feu doit être respecté. Nos soldats ne viennent pas ici pour imposer la paix". A Washington, le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral Craig Quigley, a noté qu'il faut un cessez-le-feu durable, "qui tienne des jours, et pas des heures".
Le Commissaire européen aux relations extérieures, Chris Patten, a commenté l'accord en rappelant que la Commission a toujours indiqué sa disponibilité à "soutenir un accord politique par une substantielle aide financière et pratique". Nous sommes "prêts à honorer notre engagement", maintenant qu'un accord est là qui "comporte beaucoup de mesures qui sont le type de réformes qui auraient été nécessaires en vertu de l'Accord d'association de l'ancienne République yougoslave de Macédoine avec l'UE", a-t-il ajouté. Et , en soulignant que "notre aide est inextricablement liée à la mise en oeuvre de l'accord", il a confirmé que la Commission entend organiser, avec la Banque mondiale,une réunion de donateurs "pour l'Arym (voir aussi, dans EUROPE du15 août, page 1, la déclaration de la présidence belge à ce sujet). La conférence "aura lieu dès que l'Assemblée (macédonienne) aura adopté les amendements constitutionnels envisagés - ce qui est prévu pour septembre", déclare M. Patten, qui précise que la Commission va", dès que les conditions de sécurité le permettront, procéder rapidement à une évaluation des dommages causés par le conflit, et contribuer aux efforts immédiats visant à réparer et reconstruire les maisons touchées". "Nous disposons immédiatement, à cet effet, de 2,5 millions d'euros de notre Mécanisme de réaction rapide", note le Commissaire, qui signale que la Commission prépare actuellement, "d'urgence, un paquet d'aide supplémentaire de 30 millions d'euros pour l'Arym, dans le cadre de notre programme d'aide pour les Balkans - le programme CARDS, qui doit être approuvé par la Commission et les Etats membres". M. Patten a précisé que cette aide s'ajoutera aux 42 millions d'euros déjà prévus pour l'Arym dans le programme CARDS pour 2001, et qu'elle permettra de contribuer à la reconstruction, à l'amélioration des infrastructures locales et à la réforme du gouvernement. Dès que l'accord entre l'Arym et le Fonds Monétaire International sera appliqué, la Commission fournira à ce pays aussi une aide macro-financière pouvant atteindre 50 millions, a annoncé Chris Patten.
Quant au Coordinateur pour le Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est, Bodo Hombach, il a salué l'annonce de la tenue d'une conférence de donateurs et a rappelé qu'une Conférence régionale du Pacte se tiendra à Bucarest les 25 et 26 octobre. M.Hombach a suggéré que, en attendant ces deux conférences, la communauté internationale fournisse son assistance à tous les groupes ethniques en Macédoine. Le Pacte, n'étant pas un "mécanisme de crise", continuera à mettre ses instruments de prévention à la disposition des autorités macédoniennes, en particulier dans le domaine du dialogue inter-ethnique, a-t-il assuré.