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Bulletin Quotidien Europe N° 7905
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Les députés critiquent la sévérité du Conseil et de la Commission envers l'Irlande

Strasbourg, 16/02/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne et le Conseil de l'UE ont-ils eu raison de s'attaquer précisément à l'Irlande, en recommandant pour la première fois à un Etat membre de modifier son budget pour se conformer aux Grandes orientations de politique économique? (voir EUROPE des 12/13 février, p. 8). Ne risquent-ils pas ainsi d'encourager l'euroscepticisme, à quelques mois de la ratification du Traité de Nice? Telles ont été les principales questions posées jeudi soir lors du débat du PE sur les plans de stabilité de l'Irlande et de la France.

Les socialistes se sont en général félicités de la décision de la Commission et du Conseil, en regrettant parfois, comme le travailliste irlandais Proinsias de Rossa "l'arrogance" du ministre irlandais lors du Conseil Ecofin de lundi dernier. "Le problème est que les Etats membres adoptent ensemble les grandes orientations de politique économique, puis n'en tiennent pas compte en adoptant leur budget", a remarqué la socialiste française Pervenche Berès. L'objectif doit rester d'éviter les risques de surchauffe de l'économie et d'inflation, a souligné le social-démocrate suédois, Göran Färm. Quant à l'élu de la CDU, Karl von Wogau, à l'origine du débat, il a salué le fait que le Conseil ait agit en faveur de la stabilité, mais en s'interrogeant sur l'opportunité de commencer par l'Irlande, "dont le taux de croissance fait rêver bien d'autres Etats". "J'espère que la Commission aura le même courage avec les grands Etats", a-t-il remarqué. Alors que la France ne respecte pas ses engagements, la Commission a choisi de commencer par l'Irlande, qui respecte l'essentiel des critères, a remarqué Jean-Louis Bourlanges (PPE), en estimant que, "lorsqu'il y a une insuffisance d'Europe, ce sont les petits qui trinquent". Pour le "non inscrit" français Georges Berthu, le problème est à rechercher dans les rigidité des procédures de l'UEM, et il ne s'agit que d'un début: "la Commission se rode pour durcir ensuite la discipline en vue de plus grands objectifs", a-t-il estimé. Le Vert français Alain Lipietz, comme le communiste français Francis Wurtz, ont stigmatisé l'approche "libérale" européenne. La Commission réagit lorsque l'Irlande réduit les impôts sur les citoyens, alors qu'elle ne fait rien lorsque l'Irlande pratique le dumping en réduisant les impôts sur les sociétés, a remarqué M. Lipietz. "Nous subissons la logique libérale de l'UE à quelques mois de l'introduction de l'euro", a estimé M. Wurtz en fustigeant la logique qui sous-tend des recommandations qui s'attaquent en priorité aux dépenses publiques et dépenses sociales. Tout en rappelant que l'Irlande a accepté les grandes orientations de politique économique, les Irlandais Avril Doyle (PPE) et Proinsias de Rossa (PSE) auraient souhaité davantage de clémence, en suggérant qu'un "avis" de la Commission aurait peut-être suffi, plutôt qu'une "recommandation". Cette "sanction" risque d'encourager les eurosceptiques lors des prochaines élections irlandaises ou du référendum sur le Traité de Nice, ont craint les députés irlandais, argument repris également par les Suédois Göran Färm et Olle Schmidt.

Le Commissaire Pedro Solbes a répété que la proposition de la Commission et les recommandations du Conseil "ne tombent pas du ciel" et que le Conseil avait "déjà signalé en 1998 à l'Irlande la nécessité d'adopter une politique fiscale plus stricte". La Commission s'est bornée à appliquer les règles "figées dans le Traité de Maastricht", a assuré Pedro Solbes, tout en reconnaissant la pertinence des questions de Karl von Wogau, qui s'interrogeait sur les compétences de l'UE à l'égard des orientations budgétaires des Etats. "La stabilité et la concurrence relèvent des compétences de l'UE, mais l'impôt et la sécurité sociale, la formation et l'éducation concernent les Etats membres", avait estimé M. von Wogau. "Qu'il y ait davantage de dépenses de santé, c'est une bonne chose, mais ce qui nous inquiète, c'est la situation budgétaire globale", a répliqué M. Solbes en précisant qu'il appartient au parlement irlandais de préciser de quelle manière le budget irlandais 2001 peut être resserré.

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