Bruxelles, 15/01/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Finances des pays de l'Asem ont clôturé dimanche une réunion de deux jours à Kobé, la troisième depuis la création du forum de rencontre Asie-Europe, en se disant confiants dans la robustesse de leurs propres économies mais quelque peu préoccupés par les déséquilibres persistants dans le monde et par l'essoufflement de la locomotive américaine. Les partenaires se sont promis de mieux faire pour résister aux chocs externes (tels que la crise pétrolière) et se sont donné les moyens de renforcer la coopération eurasienne, en lançant: i) la seconde phase opérationnelle de leur fonds fiduciaire (ATFII) destiné à procurer une assistance technique et de formation pour appuyer les réformes financières, industrielles et sociales nécessaires à l'entretien du croissance durable en Asie; ii) un forum conjoint pour la gestion de la dette publique proposé par la Thaïlande, en vue d'un partage d'expériences et de vues sur des questions d'intérêt mutuel; iii) le projet de Recherche de Kobé proposé par le Japon, en vue de mener des études et projets conjoints, entre autres sur la coopération monétaire régionale, la gestion des endettements publics et les régimes de taux de change; c'est dans ce contexte que devrait se prolonger le débat sur l'évolution des régimes de change en Asie, un débat alimenté au cours du week-end par un document franco-japonais (qui n'engage pas formellement les autorités politiques des deux pays) appelant à un flottement encadré des devises de la région, autour d'une ancre monétaire constituée par un panier comprenant le dollar, le yen et l'euro. Les ministres ont convenu de se retrouver dès l'an prochain à Copenhague.
Dans leur déclaration finale, les 25 grands argentiers d'Europe et d'Asie (Chine, Japon, Corée du Sud, Brunei, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) se sont félicités du renforcement de la croissance économique mondiale au cours des deux dernières années, en se disant néanmoins inquiets des "développements des dernières semaines confirmant que les facteurs négatifs pour les perspectives (de l'économie mondiale) ont augmenté, notamment en raison de déséquilibres économiques et financiers persistants et du ralentissement aux Etats-Unis". Ils se promettent dès lors la vigilance et des efforts pour rendre leurs économies plus robustes et moins vulnérables aux chocs externes, tout en veillant à assurer la stabilité du marché de l'énergie, un facteur qu'ils jugent "vital" pour le maintien de la croissance économique à long terme de tous les partenaires de l'Asem et dans le reste du monde. Comme leurs propres perspectives de croissance à long terme se sont améliorées (respectivement 3 et 5% pour cette année en Europe et en Asie, ndlr.), avec une inflation généralement sous contrôle, les partenaires peuvent contempler avec confiance la perspective de voir se combiner "le dynamisme économique renouvelé de l'Asie et la force économique croissante de l'Europe". Les pays d'Asie sont en train de récupérer après la crise financière qui les a secoués en 1997, notent les ministres, en se félicitant du rôle clé de l'Asem, ainsi que de l'expansion continue des exportations, de la reprise des dépenses des consommateurs et du revirement de la tendance des investissements dans les pays les plus touchés. Leur déclaration finale évoque en termes feutrés la modeste reprise au Japon qu'ils appellent à poursuivre ses réformes structurelles dans les secteurs des finances et des entreprises", étant donné l'importance d'un rétablissement de l'économie japonaise pour les partenaires dans la région. Deux mots aussi en ce qui concerne la Chine, dont les ministres "saluent la croissance économique soutenue, atteinte grâce à une politique budgétaire active, des restructurations économiques bienvenues", tout en disant "attendre les progrès à venir dans ce domaine". Et d'appeler à l'unisson Genève à "accélérer les négociations d'accession des pays Asem non membres de l'OMC". Les ministres ont aussi fait écho aux appels qui se multiplient à travers le monde pour le "lancement d'un nouveau round de négociations commerciales multilatérales dès la première occasion".
En ce qui concerne les régimes des taux de change, les ministres ont mis trois points de suspension dans le débat controversé qui s'est tenu, un peu en marge de l'agenda de la session, autour des propositions franco-japonaises, en constatant in fine qu'un régime unique n'est pas forcément valable pour tout le monde tout le temps et en retenant de la crise financière asiatique que, quel que soit le régime choisi, c'est la cohérence de la politique économique qui importe le plus. "L'expérience de ces dernières années montre que les pays courent aujourd'hui un plus grand risque de crise financière s'ils adoptent un régime de taux de change qui n'est pas soutenu par des politiques macro-économiques et structurelles cohérentes et appropriées et des dispositifs institutionnels solides", disent les ministres.