Strasbourg, 07/09/2000 (Agence Europe) - Le groupe libéral du Parlement européen est "consterné" par la décision prise par le Conseil de l'UE d'introduire, pour les documents relevant de la Politique européenne de sécurité et de défense, la classification "top secret". C'est le président du groupe, Pat Cox, qui l'a dit à la presse à Strasbourg, en critiquant aussi la manière par laquelle la décision a été adoptée, aux approches de la pause estivale: c'est une sorte de « coup technocratique contre le droit des citoyens de savoir », et une sorte de « renversement de la charge de la preuve », a-t-il commenté. Nous reconnaissons qu'il faut une certaine confidentialité pour les documents touchant aux questions militaires, mais la juste méthode est la transparence en tant que règle, assortie d'exceptions, et pas le contraire, a souligné le député irlandais, qui a indiqué en avoir parlé à la future présidente (suédoise) du Conseil Anna Lindh, qui était en visite à Strasbourg. Lors de la décision des Quinze, a-t-il rappelé, Suède, Finlande et Pays-Bas avaient exprimé de "fortes réserves" , et la Suède avait proposé, sans succès, d'amender le Traité afin de permettre une exception aux règles de l'accès du public aux documents pour les questions de défense, sur la base du principe général du « droit de savoir ». J'ai écrit à Nicole Fontaine pour lui demander que la Conférence des présidents du PE discute de ce problème. J'espère que le Conseil acceptera un dialogue à ce sujet avec le Parlement, a-t-il dit.
La commission juridique et des droits du citoyen a entre-temps abordé la question à Strasbourg; lors d'une réunion qu'elle tiendra dans une dizaine de jours, elle devrait décider si oui ou non présenter à la Cour de Justice un recours contre cette décision.
La ministre suédoise des Affaires étrangères Anna Lindh, interrogée à Strasbourg par la presse, a dit que, « politiquement », elle avait de la sympathie pour l'attitude critique des députés, mais que, avant d'appuyer une éventuelle contestation devant la Cour de Justice, elle préférait vérifier si une telle démarche serait «utile » ou si, au contraire, elle ne risque pas d'entraîner un recul.