Strasbourg, 07/09/2000 (Agence Europe) - La création apparemment anodine d'un "Observatoire des mutations industrielles" a divisé le Parlement en deux parties: une droite hostile à toute nouvelle bureaucratie et une gauche convaincue qu'il s'agirait d'un instrument utile pour prévenir les conflits sociaux. Au nom du Conseil, Nicole Péry (ancienne vice-présidente du Parlement, qui remplaçait Martine Aubry) a estimé que cet observatoire devrait être un "outil" et non pas un lieu de décision politique ou de négociation sociale. Ce qu'a confirmé, pour la Commission européenne, Anna Diamantopoulou, d'accord pour un organe "léger" au coût réduit. Nous ne voulons pas un monstre bureaucratique, a enchaîné le travailliste britannique Stephen Hughes. Il ne s'agit pas de faire des duplications du travail existant, mais de le coordonner, a dit le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. Il s'agit d'une activité de service, non pas d'une nouvelle institution, a affirmé l'ancien syndicaliste italien Bruno Trentin (DS). Toutefois, le PPE, les libéraux, et surtout les conservateurs, n'ont pas été convaincus par ces arguments. N'essayons pas de réinventer la roue, laissons que les marchés décident, s'est exclamé M.Chichester, et M.Helmer s'est insurgé contre toute nouvelle "agence".
En définitive, c'est cette dernière position qui a eu le dessus: après avoir rejeté de justesse une résolution commune du PPE, des Libéraux et du groupe UEN, qui s'exprimait contre la création de l'Observatoire(socialistes, gauche unitaire et Verts avaient présenté une résolution qui en demandait la mise en place), le Parlement a adopté, à une majorité tout aussi étroite (5 voix), la résolution des Libéraux, qui a exactement la même teneur que la résolution commune qui avait été rejetée. Le Parlement ne demande donc pas de créer le nouvel organisme envisagé.