Strasbourg, 06/09/2000 (Agence Europe) - Je veux confirmer solennellement devant vous « l'engagement inconditionnel de ma Commission de mener à bien la formidable entreprise de l'élargissement ». Cette Commission entend conduire ce processus sur « la juste voie », et cette nouvelle page de l'histoire de l'UE devra être écrite le plus rapidement possible, conformément aux objectifs fixés par le Conseil européen et la Commission. C'est ce qu'a affirmé mercredi après-midi, devant la plénière du PE, le président de la Commission européenne Romano Prodi, dans sa déclaration sur l'interview du Commissaire Günter Verheugen donnant l'impression qu'il demandait un référendum en Allemagne sur l'élargissement.
Les pays candidats font un effort "énorme" que « nous risquons constamment de sous-estimer », et à cet effort doit correspondre, de notre part, « une grande générosité politique », a affirmé M.Prodi, en ajoutant: le premier « acte de générosité », ce sera de maintenir la promesse que l'UE sera prête à accueillir les nouveaux membres, ce qui signifie que l'UE devra, à Nice, décider une réforme une institutionnelle permettant d'éviter de « diluer notre système » (là, M.Prodi a été applaudi). Un autre geste de générosité politique consistera à essayer de recueillir le plus grand consensus de nos citoyens à ce processus, et M.Prodi a observé: pour ma part, je crains que l'opinion publique ne soit pas encore suffisamment convaincue. La recherche d'un tel consensus démocratique ne signifie nullement une volonté de retarder le processus mais, au contraire, « le désir de le renforcer ». Les instruments de ratification des négociations d'élargissement seront choisis par les Etats membres et les pays candidats, et ni la Commission ni M.Verheugen ne veulent interférer avec ce choix, a tenu à préciser M.Prodi, tout en ajoutant: « nous devons expliquer l'enjeu aux citoyens ». Nous devons « expliquer, expliquer, expliquer » que l'élargissement n'est pas une menace, mais une occasion historique, a-t-il affirmé, en soulignant le « sincère engagement » de chaque Commissaire à mener à bien « les tâches collectives » de la Commission (si nécessaire, les instruments ne me manquent pas pour le leur rappeler, a-t-il noté). Je suis convaincu que M.Verheugen partage entièrement la politique de la Commission, et j'ai pleine confiance en sa capacité de conclure rapidement et de manière positive les négociations d'élargissement, a conclu M.Prodi.
Je suis reconnaissant de pouvoir apporter un mot de clarification (et, en ce qui me concerne, « conclusif ») sur l'interview qui a provoqué une telle « tempête », a dit à son tour Günter Verheugen, qui a souligné que dans l'interview, donnée sur une base personnelle et dans un contexte « purement allemand », il n'avait nullement « plaidé pour un référendum sur l'élargissement ». « Je n'ai pas formulé une telle demande », a-t-il affirmé, en rappelant qu'il avait déclaré que le référendum serait souhaitable pour des traités qui changent la nature d'un Etat. Je me référais au Traité de Maastricht, pas à l'élargissement, a-t-il précisé. Et il a répété: mon message est que nous voulons l'élargissement aussi rapidement que possible, de manière "aussi approfondie" que possible, et je m'attache « passionnément » à y parvenir, et à « donner une âme » à un processus qui peut risquer de prendre un tournant technocratique. Les rapports d'étape que la Commission présentera cet automne montreront que les pays candidats ont fait des progrès « considérables » et qu'ils se rapprochent de l'adhésion, a-t-il indiqué, en souhaitant que le rythme soit encore plus « soutenu », et que l'on se rapproche sur les « questions clé ». Ceci sera possible seulement avec le soutien des Etats membres et du Parlement européen, a dit M.Verheugen, en soulignant que « la stratégie est fixée » et que la Commission la poursuit avec « détermination ». Selon M.Verheugen, trois conclusions sont à tirer de ce débat: - il faut lancer une vaste offensive de communication, que la Commission a, d'ailleurs, déjà préparée ; - là où il y a "des peurs", (et il y en a), il ne faut pas les « effacer », mais en parler avec les citoyens, surtout dans les régions frontalières (là, M.Verheugen a été applaudi) ; - il faut procéder avec la plus grande attention possible sur les affaires qui suscitent des craintes, comme l'immigration (mais les possibilités de solutions raisonnables existent).
EUROPE rendra compte demain du débat qui a suivi ces deux déclarations.