Bruxelles, 01/09/2000 (Agence Europe) - Les propositions annoncées jeudi par la Fédération internationale du football, la FIFA, pour modifier le système de transfert des joueurs "sont un pas dans la bonne direction", a déclaré vendredi Christophe Forax, porte-parole de la commissaire européenne en charge du sport, Viviane Reding. Ces proposition que "nous n'avons pas encore vues, mais que nous allons étudier avec attention (…) démontrent qu'il existe une volonté de rechercher une solution et nous allons donc aboutir", a-t-il ajouté. La commissaire Reding et le commissaire à la concurrence, Mario Monti, devraient faire le point sur le dossier mercredi prochain, avait indiqué jeudi Mme Reding.
Réunie jeudi avec les représentants de la Fédération européenne de football (UEFA), des Fédérations de joueurs et de fédérations nationales, la FIFA a donc élaboré des propositions pour répondre aux griefs de la Commission européenne qui jugeait le système d'indemnité de transfert des joueurs contraire aux règles européennes sur la libre circulation des personnes et sur les ententes. S'attaquant aux questions de protection des jeunes joueurs, de compensations pour les clubs formateurs et de rupture unilatérale d'un contrat par un joueur, la FIFA a défini les principes suivants: 1) les joueurs de moins de 18 ans ne pourraient plus être transférés au niveau international, 2) les clubs formateurs doivent obtenir des compensations de formation pour le transfert de joueurs âgés de 18 à 24 ans, 3) les joueurs professionnels devront rester sous contrat avec un club pendant au moins un an, pour éviter les transferts en cours de saison, 4) "un système doit être mis en place pour régler la question des compensations lorsque les contrats sont rompus avant leur terme", selon les termes du communiqué de la FIFA. Les fédérations nationales devront "créer un cadre de clauses qui donnent aux joueurs et aux clubs le moins de raisons possible d'être tentés de mettre fin de manière anticipée à leur contrat", indique le communiqué, en précisant que "l'Union internationale des joueurs professionnels, la FIPRO, a insisté pour que certains droits et une protection adéquate soient garantis aux joueurs, en tant qu'employés".
Ces orientations devront être précisées dans le cadre d'une task force de la FIFA qui devrait reprendre ses travaux le 6 septembre. "Les questions de méthode et les critères de calculs des indemnisations devront encore être précisés par la task force", indique la FIFA. La FIFA souligne dans son communiqué que lors de ses discussions avec la Commission, l'exécutif européen avait assuré que les contrats en cours resteraient valides et que les modifications du système de transfert pourront être assorties de période de transition.
Ces orientations devraient être présentées formellement à la Commission à la mi-septembre. Pour l'heure, l'exécutif européen se refuse donc à les commenter. Le porte-parole de Mme Reding a toutefois insisté sur le fait que "le calcul de l'indemnité de départ doit être conforme au droit national du travail" concernant les ruptures de contrat. En ce qui concerne les indemnités de formation pour les joueurs âgés de 18 à 24 ans, "il faudra examiner les détails des modalités de calcul de l'indemnité. Il n'est pas question par exemple de prendre en compte une plus-value du joueur qui ne serait pas liée à la formation", a indiqué le porte-parole.
En outre, "l'interdiction de transfert pour les joueurs de moins de 18 ans pourrait poser un problème", a estimé Christophe Forax devant la presse. Jeudi, la commissaire Reding s'était insurgée contre le système "scandaleux qui permet d'utiliser des joueurs comme des objets de spéculations et d'importer de jeunes joueurs africains puis de les rejeter à la rue sans autre formation, s'ils ne donnent rien sur le plan sportif". Or, les orientations de la Fifa paraissent à première vue "une mauvaise réponse à une bonne question", a estimé le porte-parole de Mme Reding. En interdisant les transferts avant 18 ans, "on risque d'enlever totalement aux jeunes africains ou latino-américains l'opportunité de faire carrière en Europe (…). La bonne réponse serait plutôt d'encadrer les jeunes joueurs et de leur donner une formation et non d'empêcher les transferts".
Se défendant des attaques contre son ingérence dans le monde du sport, notamment dans les déclarations récentes du président de la Bayern de Munich, Franz Beckenbauer, la Commission soutient qu'elle défend les droits de libre circulation et de droit du travail qui s'appliquent à tous. "La Commission intervient sous l'angle du droit de la concurrence pour éviter les abus de pouvoir et sous l'angle de la libre circulation parce que les footballeurs professionnels sont des travailleurs qui doivent avoir des droits comme les autres", a déclaré jeudi la commissaire Viviane Reding. Voir la nouvelle suivante pour ses déclarations sur d'autres aspects de l'actualité sportive.