Bruxelles, 24/08/2000 (Agence Europe) - Des diplomates russes à Bruxelles se sont dits satisfaits du programme de travail que la présidence française de l'UE a établi (et qui vient d'être approuvé tel quel par les Quinze) concernant la mise en oeuvre d'ici la fin de l'année de la stratégie commune de l'UE pour la Russie, pour laquelle chaque présidence de l'UE doit présenter son propre programme de travail pour un semestre. Avec l'Accord de Partenariat et de Coopération (APC), la stratégie commune constitue l'instrument principal des relations bilatérales entre l'UE et la Russie. Suite à la guerre en Tchéchénie, les Quinze avaient décidé, lors du Conseil européen de Helsinki en décembre 1999, de revoir et de suspendre partiellement la mise en oeuvre de la stratégie commune; au sommet de Feira en juin dernier, l'UE est revenue sur sa position car les chefs d'Etat et de gouvernement -tout en réitérant leur préoccupations à l'égard des événements en Tchéchénie- y ont déclaré leur volonté de développer un "partenariat fort" avec Moscou et d'aider le nouveau leadership russe sous la présidence de Vladimir Poutine sur la voie les réformes économiques et politiques.
"Nous voyons dans le programme de travail" un signe positif pour le développement et le renforcement de nos relations avec l'UE", ont dit les diplomates russes, en notant que le plan de travail est "beaucoup plus concret et substantiel" que celui de la présidence portugaise pour les six premiers mois de cette année. "Nous considérons ceci comme étant la preuve de l'amélioration du climat entre nous", ont commenté les diplomates russes.
Le plan de travail français couvre cinq principaux domaines:
La consolidation de la démocratie, de l'Etat de droit et des institutions publiques. Il est prévu d'intensifier l'échange d'expériences entre hommes politiques russes et européens, au niveau fédéral et régional, notamment dans le cadre du Comité parlementaire de coopération. L'UE va aussi aider à la formation de juges russes et promouvoir des partenariats ("twinning") entre des tribunaux et instances judiciaires des deux côtés. Le soutien au développement d'une presse libre figure également à l'agenda (notamment dans le cadre de projets Tacis), tout comme des projets en faveur des ONG russes actifs dans la promotion de la démocratie.
L'intégration de la Russie dans la sphère économique et sociale européenne. Le plan de travail prévoit notamment: - la poursuite du dialogue sur les réformes économiques en Russie, sur les mesures visant à attirer davantage d'investissements étrangers, sur la réforme du secteur bancaire, etc.; - une meilleure coordination des politiques des Etats membres, de l'UE et des organisations financières internationales à l'égard de la Russie; - un soutien de l'UE à l'adhésion de la Russie à l'OMC; - l'organisation d'une Table Ronde de l'industrie à Moscou en automne.
Le renforcement de la stabilité et de la sécurité en Europe et dans le monde. Ici, il est notamment prévu de renforcer le dialogue, dans toutes les enceintes possibles (notamment au Sommet UE/Russie du 30 octobre à Paris, au Conseil et au Comité de coopération, dans les sous-comités techniques, etc.) sur des thèmes aussi importants que la future politique de sécurité et de défense de l'UE, la politique de désarmement et de non-prolifération nucléaire, le futur élargissement de l'UE vers les pays d'Europe centrale et orientale, etc..
La lutte contre le crime organisé, sécurité nucléaire, environnement. L'UE envisage aussi de commencer, au cours des prochains mois, à mettre en oeuvre le plan d'action conjoint sur la lutte contre la criminalité organisée qui a été approuvé par la Russie et les Quinze lors du Conseil de coopération le 10 avril dernier. Les problèmes de l'immigration illégale et la traite des femmes seront également abordés dans les réunions des enceintes de l'APC. Les graves lacunes de la Russie en matière de protection de l'environnement et de sécurité nucléaire figureront également à l'ordre du jour, y compris le traitement des déchets nucléaires et pétrolières.
Plan de travail pour la mise en oeuvre de la stratégie commune avec l'Ukraine
Le programme de travail que la présidence française de l'UE a élaboré pour l'Ukraine (et qui, entre-temps, a également été approuvé par les Quinze) pour la mise en oeuvre de la stratégie commune avec l'Ukraine est structuré d'une manière semblable à celui pour la Russie, même si les actions et mesures envisagées ne sont pas identiques.
Ainsi, en ce qui concerne le volet démocratisation, Etat de droit et soutien aux institutions publiques, l'UE prévoit d'organiser à Kiev, en automne prochain, un séminaire sur l'indépendance des magistrats et les procédures d'appel en justice. Les échanges de vues et d'expériences entre responsables politiques européen et ukrainiens et l'aide à la liberté de la presse figurent également à l'ordre du jour. Dans le domaines des réformes économiques, la Commission a été chargée d'examiner les possibilités d'accorder une assistance technique (dans le cadre de Tacis) au Comité anti-monopole de l'Ukraine ("Anti-Monopolies Committee") et à d'autres organes régulateurs du marché. La Commission fournira par ailleurs une assistance au processus de privatisation et de restructuration de l'industrie ukrainienne.
Dans le domaine de la sécurité et stabilité en Europe, le programme de l'UE pour les prochains mois est identique à celui pour la Russie: il est notamment prévu de renforcer le dialogue, dans toutes les enceintes possibles (notamment celles de l'APC: Sommet UE/Ukraine qui se tiendra le 15 septembre à Paris, Conseil de coopération, Comité de Coopération, sous-comités techniques, etc.) sur la Pesd, le désarmement et la non-prolifération nucléaire, le futur élargissement de l'UE.
Quant aux mesures envisagées en matière de protection de l'environnement, de la sécurité nucléaire et de l'énergie, soulignons l'engagement de l'UE de poursuivre son soutien en vue de la fermeture de la centrale nucléaire de Tchernobyl le 15 décembre prochain (comme annoncé par les autorités ukrainiennes). Ce soutien "pourrait" aussi inclure la participation des Quinze au co-financement des travaux d'achèvement de deux nouvelles centrales nucléaires de substsitution, Khlemnitsky 2 et Rovno 4.