Bruxelles, 18/07/2000 (Agence Europe) - Le vice-président Kinnock a présenté ce mardi à la presse un premier bilan de la mise en œuvre du Livre Blanc pour la réforme administrative de la Commission européenne, dont il s'est dit très satisfait, malgré des retards et les inquiétudes d'une partie du personnel. La période "d'intense activité de ces derniers mois" a permis de mener "des travaux approfondis afin de convertir les idées du Livre Blanc en propositions spécifiques (…). La réforme est manifestement engagée", a déclaré Neil Kinnock, en faisant le point sur la mise en œuvre des trois axes de la réforme:
1. Réformer les règles et le contrôle financiers. La Commission a commencé à mettre en place les nouvelles structures de contrôle (service d'audit interne, comité de suivi des audits, service financier central). Elle a par ailleurs adopté la proposition visant à séparer l'audit interne du contrôle financier. La proposition globale de refonte du règlement financier sera présentée la semaine prochaine. Pour Neil Kinnock, la complexité de la matière excuse le retard pris dans l'adoption de cette proposition.
2. Passer à une gestion par activités, fondée sur les priorités politiques de la Commission: "sauf retards intempestifs, la Commission pourra commencer à instaurer la gestion par activité l'année prochaine, comme le propose le Livre Blanc". Six Directions générales pilotes "ont mis en place les systèmes informatiques nécessaires, et, la semaine prochaine, la Commission arrêtera la décision permettant la création de la nécessaire fonction de planification stratégique et de programmation".
3. Réformer la politique du personnel: la plupart des propositions "seront faites cet automne et en 2001". La Commission a procédé à des redéploiements de personnel que Neil Kinnock qualifie - en termes choisis, le sujet est sensible au sein de l'Administration - de "prudents, quoique substantiels" (529 l'an dernier, 250 décidés la semaine dernière). Par ailleurs, la Commission adoptera la semaine prochaine un code de conduite administrative destiné au personnel.
Le groupe de pilotage -qui rassemble plusieurs commissaires sous la direction du président Prodi- rendra son rapport la semaine prochaine. Son travail est lié à la gestion "par activités" et à la politique du personnel. Il vise, "pour la première fois de l'histoire de la Commission, à procéder à une évaluation des missions que remplit l'institution, du personnel dont elle dispose pour accomplir ces missions et de l'affectation de ce personnel dans les différents services". Vaste programme destiné à "réduire l'écart entre les ressources disponibles et les missions confiées à la Commission" et qui servira de base à la Commission pour ses discussions avec le Conseil et le Parlement sur les missions que la Commission est en mesure d'accomplir, sur le personnel supplémentaire dont elle aurait besoin, et, "éventuellement", sur les activités qui devraient être "réduites ou interrompues si les ressources ne sont pas suffisantes".
Par ailleurs, le vice-président a assuré que "le dialogue avec les autres institutions européennes est maintenant établi". En répondant à quelques questions, il a assuré qu'il avait entendu peu de critiques de la part des Etats membres, si ce n'est quelques demandes (qui auraient reçu une fin de non-recevoir) sur la nationalité que devrait avoir un haut fonctionnaire pour tel ou tel poste. Neil Kinnock a aussi lancé une pierre dans le jardin du Conseil en posant la question de la comitologie; les comités, constitués à la demande des Etats membres, sont utiles, mais le vice-président s'est interrogé sur les risques de leur "prolifération". Il faut se retenir, a-t-il ajouté, ceux qui apportent une réelle valeur ajoutée et emploient à bon escient l'argent des contribuables.
Neil Kinnock reconnaît quelques "manifestations d'incertitudes de la part du personnel", qui toutefois, à son avis, ne concernent qu'une minorité. Ce n'est pas l'avis du syndicat Renouveau et Démocratie: EUROPE fera état demain de sa réaction.