Strasbourg, 11/07/2000 (Agence Europe) - En adoptant, par 180 voix contre 53 (et 20 abstentions), le rapport du conservateur autrichien Othmar Karas sur la stratégie de communication à adopter durant les dernières phases de mise en place de l'UEM, le Parlement européen a approuvé le calendrier proposé par la Commission européenne, avec les accents mis sur: a) les PME en 2000; b) tous les groupes cibles en 2001; c) une priorité au grand public à compter de septembre 2001. Le Parlement demande que la campagne d'information sur l'euro soit dotée en 2001 d'un budget de 38 millions d'euros. Eu égard à la décision prise par le Conseil Ecofin de réduire à deux mois la période de "double circulation" (euro plus monnaies nationales), le Parlement souhaite aussi que la campagne d'information soit prolongée jusqu'au milieu de l'année 2002 et dotée pour cette année-là d'un budget d'au moins 20 millions d'euros. Le Parlement recommande de réduire l'afflux d'opérations de change qui auront lieu dans les premiers jours de l'année 2002, en incitant les citoyens à se séparer dès l'automne 2001 de leurs avoirs en espèces par des versements sur un livret d'épargne en euros, ou à compter du 15 décembre par l'achat d'un porte-monnaie de base en euros.
Polémique sur la participation des pays ne faisant pas partie de
la "zone euro" à la campagne d'information
Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes, a anticipé, pendant le débat des éléments du rapport faisant le point sur les plans nationaux d'introduction de l'euro. Ainsi, il a indiqué que 88% des PME ont assuré qu'elles sont prêtes à introduire l'euro ou, au moins, conscientes de la nécessité de le faire; mais seulement 22% parmi elles ont achevé leurs plans à cet effet. La Commission, a-t-il annoncé par ailleurs, présentera d'ici la fin de l'année une nouvelle proposition sur la contrefaçon de l'euro. M. Solbes a aussi tenu à souligner la nécessité de respecter le principe de subsidiarité, et a noté que les pays qui ne font pas partie de la zone euro ont le droit, s'ils le désirent, d'organiser des campagnes d'informations sur la monnaie unique: deux de ces pays, le Danemark et le Royaume-Uni, n'ont pas manifesté un tel intérêt, a-t-il dit.
M. Solbes répondait ainsi aux véhéments propos du conservateur britannique Roger Helmer, pour qui la monnaie unique est un projet « profondément dangereux et économiquement naïf » qu'il vaudrait mieux laisser tomber tout à fait. M. Helmer a dit ne pas avoir confiance dans la Commission et dans son « Blitz de propagande », et a affirmé qu'il faut épargner cette propagande aux pays qui ne sont pas membres de la zone euro ; il ne faut pas gaspiller l'argent des citoyens de ces pays pour un projet qu'ils ne partagent pas, a-t-il souligné, en proposant de verser dans un fonds spécial l'argent qui aurait pu être utilisé pour cette campagne. En revanche, l'élu des « Pensionati » Carlo Fatuzzo (qui siège au groupe du PPE) a estimé que « les retraitées qui remplissent chaque matin les marchés de nos pays » comprendront vite ce qu'est l'euro. Et il a annoncé une opération d'affichage visant à demander au gouvernement italien d'augmenter la retraite minimale à 500 euros ; le gouvernement refusera cette proposition, mais au moins j'obligerai les gens à s'informer sur la valeur de l'euro, a-t-il commenté.