Bruxelles, 27/04/2000 (Agence Europe) - Présentant à la presse le groupe de scientifiques de haut niveau sur les biosciences, le Commissaire Philippe Busquin a souligné la nécessité de mieux impliquer les scientifiques dans le débat sur les sciences du vivant et de multiplier les efforts de communication pour que les recherches dans ce domaine soient mieux comprises et acceptées par les citoyens.
Le groupe est présidé par le professeur Axel Kahn (Institut Cochin de Génétique moléculaire; Paris) et comprend dix membres: Tom Blundell (Université de Cambridge), Patrick Cunningham (Trinity College; Dublin), Derek Burke (Cambridge), Anne McLaren (Wellcome CRC Institute; Cambridge), Leonardo Santi (Centro di Biotecnologie Avanzate; Genova), Hans Wigzell (Karolinska Institute; Stockholm), Rolf Zinkernagel (Institut d'immunologie expérimentale de l'Hôpital universitaire de Zurich), Victor De Lorenzo (Centro Nacional de Biotecnologia; Madrid), Marc Van Montagu (Département de génétique moléculaire de l'Université de Gand), Ernst_ludwig Winnacker (Deutsche Forschungsgemeinschaft; Bonn).Ce groupe est chargé d'examiner la grande gamme de défis et d'opportunités que le développement des sciences du vivant implique pour la société, et il aidera la Commission dans l'organisation du sommet pour les biosciences prévu pour novembre 2000.
La méfiance des Européens à l'égard de la biotechnologie est en forte hausse - Oui aux recherches
à des fins thérapeutiques, non aux modifications génétiques des plantes
Le 4ème sondage Eurobaromètre, réalisé en 1999 sur un total de 16 082 personnes, montre une baisse significative de la confiance des Européens à l'égard des biotechnologies. A peine 45% (contre 50% en 1996) des personnes interrogées pensent que la biotechnologie peut améliorer leur mode de vie. En ce qui concerne le génie génétique, ils ne sont plus que 37% à le penser, contre 43% en 1996. 81% des personnes sondées estiment ne pas être suffisamment bien informées. La confiance du public va d'abord aux organisations de consommateurs (26%), devant la profession médicale (24%) et les organisations de protection de l'environnement (14%). L'utilisation des biotechnologies pour déterminer des maladies héréditaires est encore généralement bien acceptée (63%), mais cet avis favorable est en recul de plus de dix points par rapport à 1996 (74%). Il en va de même pour l'utilisation du génie génétique aux fins de fabrication de médicaments et de vaccins (57% contre 70% en 1996). Les modifications génétiques opérées sur des végétaux ne sont plus acceptées que par 47% des Européens (contre 62% en 1996) et seulement 37% (contre 50%) jugent acceptable l'utilisation de la biotechnologie dans la production de nourritures. Deux tiers des personnes interrogées refusent d'acheter des fruits génétiquement modifiés, même s'ils avaient un meilleur goût, et plus de la moitié d'entre elles sont prêtes à payer plus cher pour des aliments non transgéniques. Seuls 22% seraient disposés à acheter de l'huile de cuisson contenant du soja génétiquement modifié. 66% ne veulent pas manger des oeufs de poules nourries au maïs transgénique.
Le même sondage démontre aussi que les idées reçues ont la vie longue: 35% des Européens croient que "les tomates ordinaires ne contiennent pas de gènes, alors que les tomates modifiées génétiquement en contiennent"; 64% pensent que "le clonage d'êtres vivants donne naissance à des descendants parfaitement identiques"; 44% restent convaincus que "ce sont les gènes du père qui déterminent si l'enfant est une fille" (le taux atteint 50% en Grèce et en France et 51% en Irlande); 29% des citoyens de l'UE (33% des Belges, 35% des Luxembourgeois et 42% des Grecs) croient encore que "les tendances criminelles sont principalement héritées génétiquement".