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Bulletin Quotidien Europe N° 7696
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Les Quinze restent préoccupés de la situation en Tchétchénie, mais estiment que les divergences à ce sujet sur cette question ne doivent pas faire obstacle au développement d'un véritable partenariat stratégique à long terme avec Moscou - Peu de progrès sur les dossiers commerciaux

Bruxelles, 11/04/2000 (Agence Europe) - Le conflit en Tchétchénie et les allégations de violations graves des droits de l'Homme commises par les forces armées russes ont largement dominé la troisième réunion du Conseil de coopération UE/Russie, qui s'est tenue lundi soir à Luxembourg entre les ministres des Affaires étrangères de l'UE et leur homologue russe Igor Ivanov avec la participation de MM. Solana et Patten. Mais les divergences évidentes entre l'UE et la Russie sur cette question n'ont manifestement pas de réel impact négatif ou paralysateur sur l'intensification des relations bilatérales à long terme entre l'UE et Moscou. Au contraire, la réunion qualifiée de "très productive et utile" a permis de "consolider" les bases de coopération (notamment dans le cadre de l'Accord de Partenariat et de Coopération) permettant de renforcer les relations à l'avenir, a dit lundi soir devant la presse le président en exercice du Conseil, le ministre portugais des Affaires étrangères Jaime Gama. L'intensification des relations entre l'UE et la Russie est essentielle pour maintenir la stabilité, la sécurité et la paix en Europe et dans le monde, a dit M. Gama.

Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, tout au long de la réunion (ainsi que dans les nombreuses rencontres bilatérales qu'il a eues lundi avec un grand nombre de ministres de l'UE), a exhorté l'UE à faire preuve de compréhension à l'égard de la fermeté des forces russes contre les "terroristes et bandits" en Tchétchénie. La guerre est pratiquement terminée, a-t-il dit. Pour M. Ivanov aussi, ce qui compte c'est que l'UE et la Russie restent côte à côte et qu'ils développent davantage leurs relations. "Aujourd'hui, nous avons réaffirmé notre intérêt mutuel de développer davantage notre partenariat stratégique", a dit M. Ivanov à l'issue de la réunion "et notre volonté politique d'approfondir notre relation dans l'intérêt de la sécurité, de la paix et de la stabilité". M. Ivanov a aussi exprimé que le Sommet UE/Russie du 17 mai prochain à Moscou pourra donner une "impulsion" supplémentaire au développement positif du partenariat.

La Tchétchénie figurait aussi tout en tête de l'agenda du dîner de travail (très restreint) qui bouclait le Conseil de coopération en fin de soirée. Au moment de la rencontre avec la presse (avant ce dîner), très peu de déclarations substantielles ont été faites des deux côtés, si ce n'est que M. Ivanov a réitéré la volonté du gouvernement russe de trouver une "solution politique" pour la Tchétchénie, en précisant que la Russie a l'intention de mettre en oeuvre cette solution politique en restant en "contact très étroit" avec l'UE. Un plan de stabilisation et de statut politique pour la Tchétchénie est en préparation, a dit le ministre en ajoutant: "La Russie n'a pas l'intention de claquer la porte, nous voulons poursuivre le dialogue politique avec toutes les organisations internationales, y compris l'UE". La semaine prochaine, le ministre autrichien des Affaires étrangères, Mme Ferrero-Waldner, ira à Moscou en sa qualité de présidente en exercice de l'OSCE. "Ce sera une autre occasion pour discuter de la Tchétchénie", a souligné M. Ivanov. L'une des principales questions évoquées lundi soir dans la réunion restreinte était celle de savoir si les pays de l'UE appuieront ou pas la recommandation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à propos de l'exclusion de la Russie.

Lors de la réunion du Conseil de coopération, il a aussi été question des multiples problèmes commerciaux qui subsistent entre l'UE et la Russie, mais aucune véritable percée n'a pu être faite dans aucun des dossiers. Quelques progrès ont été faits, semble-t-il, en ce qui concerne l'ouverture du marché russe des alcools, la protection des droits de propriété intellectuelle et les services financiers. Sur le problème de l'acier, les Russes n'ont pas bougé, ce qui fait que les récentes mesures de restrictions des importations de produits d'acier russe sur le marché de l'UE restent en vigueur. Pour le reste, le Conseil de coopération, dans ses conclusions conjointes, s'est borné à souligner que tous ces problèmes devront être "rapidement résolus" dans le cadre des structures et sur base des règles contenues dans l'Accord de Partenariat et de Coopération.

Le Conseil de coopération a aussi formellement approuvé un plan d'action conjoint de lutte contre la criminalité organisée. Les organes de l'Accord de Partenariat et de Coopération ont été chargés de prendre les mesures nécessaires pour son application pratique.

Conclusions du Conseil "Affaires générales" sur la Tchétchénie

Auparavant, dans le cadre du débat du Conseil "Affaires générales" sur la Tchétchénie, les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont adopté des conclusions par lesquelles ils "déplorent" une fois de plus la "grande souffrance" de la population tchétchène ainsi que les violations présumées des droits de l'homme et du droit international. "Les décisions récentes et les recommandations faites par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, ainsi que les discussions au sein de la commission des droits de l'homme à Genève reflètent les préoccupations sérieuses de l'opinion publique européenne à l'égard du conflit", ont dit les Quinze. Le Conseil a aussi appuyé l'appel lancé au gouvernement russe par le Haut Commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme en faveur de la constitution d'une commission d'enquête indépendante qui puisse faire la lumière sur les allégations de violation massive des droits de l'homme par les forces russes en Tchétchénie.

Sur un plan général, les conclusions des Quinze expriment aussi l'espoir que l'élection du nouveau président russe M. Poutine permettra une relance des relations UE/Russie et le développement d'un véritable "partenariat stratégique".

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