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Bulletin Quotidien Europe N° 7687
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/balkans

Le budget communautaire va consacrer 530 millions d'euros pour des projets régionaux en Europe du Sud-Est, engagements analogues de la BEI et des Etats membres

Bruxelles, 29/03/2000 (Agence Europe)- La Commission européenne a promis 530 millions d'euros pour les projets régionaux dans l'Europe du Sud-Est. Cette promesse a été faite par le commissaire en charge des relations extérieures, Christopher Patten, en ouverture de la Conférence des donateurs pour l'Europe du Sud-Est. Les promesses additionnées des Etats membres de l'UE et de la Banque européenne d'investissements (BEI) sont du même ordre, a précisé le commissaire, (mais le détail des promesses par pays n'était pas encore disponible). La Conférence, qui se poursuit ce jeudi à Bruxelles, a pour objectif de rassembler des engagements pour des projets précis et régionaux, destinés à être lancés rapidement.

Ces 530 millions d'euros apportés par le budget communautaire le seront principalement en 2000 et 2001, puisqu'il s'agit de projets dits "quick start", destinés à être lancés dans les douze prochains mois, a précisé le commissaire Patten.

La somme promise par la Commission "doit encore être approuvée par l'autorité budgétaire", a admis le commissaire en s'adressant à la presse. Il s'est toutefois dit "sûr" que le Parlement européen et le Conseil "feront en sorte que nous honorions nos engagements politiques". Le commissaire Patten a replacé les 530 millions dans le cadre de l'aide communautaire globale pour l'Europe du Sud-Est pour 2000-2006: i) 6 milliards d'euros prévus pour la Roumanie et la Bulgarie en tant que pays candidats; ii) 5,5 milliards d'euros pour les Balkans (dont 2,3 milliards pour la "Serbie post-Milosevic"). Le commissaire a défendu ce chiffre de 5,5 milliards, qui avait été lancé l'an dernier par Romano Prodi. "Il est réaliste si nous restons dans le cadre de l'enveloppe globale des perspectives financières décidées à Berlin, même s'il faudra faire quelques réajustements dans ce montant global" - allusion sans doute à l'idée suggérée par la Commission dans ses orientations budgétaires pour 2001 de financer l'aide communautaire aux Balkans par des réajustements au sein de la rubrique "dépenses de politique extérieure" du budget, et en diminuant le plafond des dépenses agricoles au profit des dépenses de politique extérieure.

On assurait dans l'entourage du commissaire, ce mercredi, que de toute manière les 530 millions promis sont disponibles, et qu'il ne serait pas nécessaire de procéder à une révision des perspectives financières pour financer ces projets-là (sans préciser pour autant par quelles lignes budgétaires, par quelles modifications ou coupes au sein même de la rubrique 4-actions extérieures du budget). Cette promesse s'inscrit en tous cas dans un contexte difficile. D'une part, lors du Sommet de Lisbonne, certains Etats membres (Allemagne et France) se sont déclarés hostiles à l'idée de révision inter-rubrique des perspectives financières. D'autre part, la question d'une éventuelle augmentation, déjà dans le budget 2000, de la rubrique 4-actions extérieures du budget 2000, pour financer l'aide au Kosovo, n'est pas définitivement tranchée.

Mis à part les promesses citées, la première journée de la Conférence des donateurs pour l'Europe du Sud-Est a été très politique. Tous ont souligné, dans leurs déclarations, la double dimension du processus: la communauté internationale se doit de soutenir les pays de l'Europe du Sud-Est, tandis que ces pays doivent mettre en œuvre d'importantes réformes économiques et sociales. "Le Pacte de stabilité est à double-sens. C'est un vrai partenariat. Les Pays de l'Europe du Sud Est s'engagent à réaliser des réformes politiques et économiques et à coopérer entre eux. La communauté internationale soutient ces efforts d'une manière coordonnée", a ainsi déclaré le coordinateur du Pacte, Bodo Hombach. La Conférence a un autre double objectif, a souligné le commissaire en charge des relations extérieures Christopher Patten, pour qui "nous commençons à mettre en place une stratégie à long terme pour assurer la paix - en construisant, littéralement et symboliquement, la voie pour l'intégration de l'Europe du Sud-Est dans le reste de l'Europe et dans la communauté euro-atlantique".

Le commissaire Patten, le président de la Banque mondiale James Wolfensohn et Bodo Hombach lui-même ont par ailleurs souligné la "bonne coordination" entre organisations, et le rôle du Pacte de stabilité dans la préparation de la Conférence. Les participants ont également insisté sur la spécificité de cette conférence: elle est "régionale" et concerne "le futur immédiat"; il s'agit d'agir rapidement et concrètement a souligné M.Patten. Le détail des projets financés sera connu jeudi soir, mais la répartition globale des projets soumis était déjà annoncée ce mercredi: 255.083.973 euros pour la "Table 1" du Pacte de stabilité (droits de l'homme, minorités, administration..); 1.449.083.000 pour la "Table 2" (infrastructure, développement du secteur privé…); 77.817.605 pour la "Table 3" (défense, justice et affaires intérieures); 5.160.000 pour des projets "horizontaux" (dont la lutte contre la corruption…), pour un total de un milliard et 787,14 millions d'euros.

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