Bruxelles, 27/03/2000 (Agence Europe) - Lors d'une audition au Parlement européen, le 22 mars à Bruxelles, sur le thème de la politique européenne de sécurité et de défense après Cologne et Helsinki, le Secrétaire général adjoint de l'Otan pour les Affaires politiques, Klaus-Peter Klaiber, a estimé que la Pesd est "le prochain pas logique après l'Union monétaire", même si sa réalisation prendra sans doute du temps. Mais cette nouvelle orientation des Européens est "inévitable" et "l'Otan doit en conséquence s'y adapter", a-t-il dit, en notant que dans la gestion régionale de crises en Europe, "les Etats-Unis pourraient être de plus en plus réticents" à se placer au premier plan, et qu'on peut donc imaginer des scénarios dans lesquels les Américains seraient tout à fait heureux de laisser la responsabilité aux Européens. Mais une "indépendance européenne stratégique n'est pas faisable", car les Etats-Unis possèdent des capacités stratégiques clés qui pourraient être indispensables pour presque toutes les interventions, a souligné M. Klaiber. Dans les relations entre l'Otan et l'UE, il ne faut pas repartir de zéro, puisqu'on peut se baser sur les liens développés entre l'UEO et l'Alliance au cours des dernières années, a rappelé M. Klaiber.
Le rapporteur de l'Assemblée parlementaire de l'Otan Willem van Eekelen a estimé quant à lui dans son intervention que le "right of first refusal" réclamé par le Congrès américain (le droit de l'Otan à être consultée et à décider la première en cas de crise) est une "approche trop formaliste". En cas d'une crise, toutes les institutions vont de toute façon se consulter, et il apparaîtra vite laquelle est la mieux placée pour agir, et il faudrait plutôt une "pleine transparence" entre elles "pour savoir ce que les autres pensent", a-t-il expliqué. M. van Eekelen s'est demandé s'il est vraiment nécessaire pour l'UE de posséder tous les moyens dont disposent les Etats-Unis, faisant remarquer que l'UE et l'UEO pourraient déjà assurer aujourd'hui une présence à long terme au Kosovo et en Bosnie.
L'auteur du rapport de l'Assemblée de l'UEO sur la dimension parlementaire de la Pesd, Wolfgang Behrendt, a défendu le projet adopté mardi à Lisbonne concernant la transformation de l'Assemblée de l'UEO (voir plus loin), soulignant que l'art. 5 sur la défense collective ne sera pas transmis à l'Union européenne et que le Parlement européen n'a pas, pour le moment, de compétences concrètes en matière de défense, alors qu'il faut assurer tout de suite "un maximum de contrôle parlementaire" en ce qui concerne la Pesd (les décisions éventuelles dans le cadre de l'art. 5 sont de toute façon de la compétence des parlements nationaux, a-t-il rappelé). Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok, a attiré l'attention sur le fait que le PE a un pouvoir de décision, notamment sur le budget et Catherine Lalumière, rapporteur du PE sur la Pesd, a dit que l'avenir de l'art. 5 du traité de l'UEO (assistance mutuelle) est "une question pas encore mûre, mais une question posée", en ajoutant: "il ne faut pas sous-estimer le Parlement européen"; nous sommes conscients "que le traité nous donne des responsabilités" (à défaut de vraies compétences) et nous avons le devoir de les assumer. Mme Lalumière et M. Brok ont regretté que l'Assemblée de l'UEO ait pris son initiative seule plutôt que d'engager un dialogue avec le Parlement, et un député a vu dans la proposition de l'Assemblée de l'UEO un exemple de la politique de la "dinde à rôtir qui essaye de retarder Noël".