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Bulletin Quotidien Europe N° 7668
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/finances

Le Liechtenstein a répondu aux accusations de blanchiment d'argent et de non-coopération

Bruxelles, 02/03/2000 (Agence Europe) - Mis en cause lundi par certains ministres des Finances de l'UE, le Liechtenstein se défend d'être une plaque tournante du blanchiment de l'argent sale en Europe. Dans un communiqué publié par la mission de la Principauté auprès de l'Union européenne, il se dit prêt à remplir ses obligations d'entraide judiciaire et à examiner avec ses partenaires européens les améliorations possibles dans ce domaine.

A la demande de l'Allemagne, le Conseil Economie/Finances de l'UE a eu lundi une discussion informelle sur le cas du Liechtenstein. Selon un rapport du principal service secret allemand, le Bundesnachrichtendienst (BND), daté du 8 avril 1999, la Principauté recèle "un réseau opérationnel voué au blanchiment de l'argent sale comprenant des hommes politiques, des fonctionnaires, des magistrats et des banquiers, corrompus et influents". Plusieurs ministres ont évoqué les difficultés rencontrées par leurs magistrats pour obtenir, dans le cadre d'enquêtes judiciaires, des informations au Liechtenstein.

Les Quinze ont demandé à la Commission européenne d'examiner avec attention ce problème et de proposer des initiatives. Selon le ministre allemand des Finances M. Eichel, le Liechtenstein, bien qu'il appartienne à l'Espace économique européen, n'applique pas les règles européennes contre le blanchiment d'argent. "Il faudra dénoncer les pays non coopératifs et, le cas échéant, envisager des sanctions", a estimé son homologue français, Christian Sautter.

Le Liechtenstein, dont le souverain a déjà déposé une plainte contre les accusations allemandes, stigmatise ce qu'il appelle la "mauvaise foi de l'Allemagne. "Ces allégations sont à voir en premier lieu à la lumière des démêlés de politique interne dans ce pays, concernant le financement illicite des partis de l'opposition (CDU) et du gouvernement (SPD)", estiment les représentants de la Principauté (certaines sommes auraient transité par le Liechtenstein dans le cadre du financement occulte de la CDU, ndlr). "Elles s'expliquent aussi par la situation concurrentielle difficile des pays à lourdes charges fiscales. En mars 1999, le Liechtenstein a déclaré sa disponibilité à un dialogue concernant la directive de l'UE sur la fiscalité de l'épargne mais il s'oppose à ce que ses autorités deviennent des agents de recouvrement fiscal de pays à fiscalité lourde. Il réprouve aussi l'instrumentalisation de la lutte contre le blanchiment d'argent aux fins de l'harmonisation fiscale internationale".

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