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Bulletin Quotidien Europe N° 13920
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

La Commission européenne lance un appel d'offres pour créer plusieurs gigafactories d'IA sur le territoire européen

La Commission européenne a lancé, jeudi 30 juillet, un appel d'offres visant à créer jusqu'à sept centres de calcul à hautes performances pour l'intelligence artificielle ('AI Gigafactories') dans toute l'Europe. Soutenue par jusqu'à 10 milliards d'euros de financements européens et nationaux, l'initiative devrait débloquer au moins 20 milliards d'euros d'investissements privés dans l'ensemble de l'Union.

L'objectif est de permettre à l'Europe de développer une intelligence artificielle (IA) avancée sur sa propre infrastructure, avec des technologies respectant les normes de l'UE « en matière de protection des données, de sûreté, de sécurité et d'éthique ».

Dix-huit États membres ont signé un accord de passation conjointe de marché avec l'entreprise commune pour le calcul à haute performance européen EuroHPC : la Croatie, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, l'Espagne et la Suède.

L'appel d'offres, qui se terminera le 12 novembre prochain, est ouvert aux consortiums ou entités ad hoc réunissant, notamment, des entreprises, des entités publiques et des investisseurs. Les 'AI Gigafactories' peuvent être établies dans un seul État membre, soit sur un seul site, soit sur plusieurs sites. Elles peuvent également inclure des évolutions transfrontalières dans plusieurs États membres au moyen d'installations informatiques d'IA distribuée. Les pays éligibles sont les États membres de l'UE et les pays partageant les mêmes valeurs, et les infrastructures devront être installées dans un pays de l'UE.

À l'issue d'un processus d'évaluation géré par EuroHPC, les décisions d'attribution devraient être prises début 2027. Le cadre et les contrats spécifiques nécessaires seront ensuite signés pour permettre le début de la construction en 2027. Les 'AI Gigafactories' sélectionnées devraient commencer à fonctionner dans un délai maximum de 18 mois à compter de la signature.

Deux lots sont ouverts à l'appel d'offres. Le premier soutiendra jusqu'à quatre projets, chacun pouvant bénéficier d'un financement de l'UE de maximum 100 millions d'euros au cours de la première phase et de maximum 400 millions d'euros supplémentaires par projet au cours de la deuxième phase.

Chaque 'gigafactory' sélectionnée devra déployer au moins autant de processeurs d'IA les plus avancés que ceux actuellement installés dans l'usine d'IA la plus puissante d'Europe (25 000 processeurs à haute performance). Au cours de la deuxième phase, la capacité doit atteindre au moins trois fois ce niveau (75 000 processeurs à haute performance).

Pour ce premier lot, les pays participants sont la République tchèque, le Danemark, la Finlande, la France et la Pologne, et les pays contributeurs sont la Croatie, l'Estonie, la Hongrie, l'Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la Suède.

Le deuxième lot soutiendra jusqu'à trois projets, chacun pouvant bénéficier d'un financement de l'UE d'un montant maximal de 200 millions d'euros au cours de la première phase et d'un montant supplémentaire de 800 millions d'euros par projet au cours de la deuxième phase.

Chaque 'gigafactory' sélectionnée dans ce lot doit déployer jusqu'à deux fois plus de processeurs d'IA les plus avancés que ceux actuellement installés dans l'usine d'IA la plus puissante d'Europe. Au cours de la deuxième phase, la capacité doit être multipliée par au moins quatre (soit un minimum de 100 000 processeurs à haute performance, dont 40 000 au minimum en phase 1).

Les pays participants sont l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne.

Les 'AI Gigafactories' combineront des processeurs d'intelligence artificielle avancés, des piles de logiciels et de technologies en nuage, une connectivité à haut débit et des centres de données économes en énergie.

Voir l'appel d'offres : https://aeur.eu/f/n2m

La France souligne son intérêt. L'appel d'offres à peine lancé, la France s'est positionnée pour accueillir une 'gigafactory' sur son sol. « La France s’engage aux côtés de l’Union européenne à commander un volume de capacité de calcul de 100 millions d'euros au projet qui sera retenu sur le sol français, pour satisfaire les besoins futurs de ses administrations publiques, y compris ceux de la recherche et du secteur hospitalier », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

La France explorera dans les prochaines semaines des partenariats avec d’autres pays européens, pour mobiliser des investissements complémentaires à ceux qu’elle s’engage à mobiliser, ajoute le communiqué. (Camille-Cerise Gessant)

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