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Bulletin Quotidien Europe N° 13787
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CONSEIL DE L'EUROPE / État de droit

Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe appelle à un effort collectif dans un monde où le droit international est menacé

« La démocratie, l’État de droit et les droits humains ne sont pas des faiblesses. Ils sont notre force. Et en 2026, ils doivent rester capables de protéger, de décider et d’agir… C’est la mission qui nous attend », a déclaré le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, mercredi 14 janvier, lors d’un discours devant le Comité des ministres de l’organisation strasbourgeoise.

« Un effort collectif » reste « possible et nécessaire », a-t-il déclaré aux représentants permanents des ministres des Affaires étrangères des 46 États membres.

Pour Alain Berset, « nous entrons en 2026 à un moment de bascule. Les deux dernières semaines, à travers des situations très différentes, ont révélé une accélération. Un environnement international où le recours à la force tend à se banaliser et où le droit est de plus en plus mis à l’épreuve. Un monde régi par des exceptions, des doubles standards ou des sphères d’influence concurrentes est un monde plus dangereux », a-t-il ajouté.

Dans son discours, le Secrétaire général a dressé la liste des conflits et affrontements qui secouent l’Europe et le monde dans un processus d’accélération « qui n’est pas normal » et « ne doit pas nous conduire à la banalisation ».

S’agissant de l’Ukraine, toujours bombardée et privée de chauffage, de lumière et d’électricité, il a dénoncé une escalade militaire qui « pèse lourdement sur les perspectives de paix alors même que des efforts sont en cours, en Europe et avec nos partenaires américains, pour identifier une voie crédible vers la fin de la guerre » et « une paix juste et durable ».

Le Conseil de l’Europe, a-t-il rappelé, reste prêt à apporter son expertise lors de la phase post-conflit et « à soutenir le parcours européen de l’Ukraine ».

En ce qui concerne la situation au Venezuela, qui « ne se résume pas à un choix binaire entre condamnation et soutien », Alain Berset souligne qu’elle s’inscrit dans « un contexte plus large, celui d’une fragilisation progressive de l’ordre international fondé sur le droit ».

Les tensions autour du Groenland représentent « un défi pour l’Europe », estime-t-il, soulignant que « les velléités américaines au sujet de ce territoire ont créé une profonde incertitude pour le peuple du Groenland, pour le Danemark, pour la stabilité et la sécurité internationales ».

Elles participent à « un changement plus profond dans l’environnement international actuel, où le recours à la force tend à se banaliser ».

A contrario, Alain Berset insiste sur « le droit des peuples à l’autodétermination » en tant que « pilier de notre sécurité collective ».

Il est également revenu sur la décision des États-Unis de se retirer de la Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe en matière constitutionnelle.

Une décision qu’il regrette, mais qui ne doit pas entraver le travail de la Commission, « essentiel dans un contexte où l’État de droit est mis à l’épreuve ».

Estimant que le mandat du Conseil de l’Europe ne « s’arrête pas à nos frontières », il a dénoncé la répression violente et la coupure d’Internet en Iran, qui sont autant d’atteintes à la dignité humaine et à la liberté d’expression et « présentent des risques évidents de déstabilisation régionale ».

À Gaza, dénonce Alain Berset, « des violences continuent d’être signalées » « malgré le cessez-le-feu » et « la situation humanitaire reste critique ».

« La décision des autorités israéliennes de restreindre l’accès à Gaza à un grand nombre d’organisations humanitaires internationales suscite une vive préoccupation », ajoute-t-il.

« Ces organisations jouent un rôle indispensable pour l’assistance aux civils et leur protection. […] L’accès humanitaire sans entrave et la protection des civils constituent des obligations fondamentales au regard du droit international humanitaire ».

Ce discours du Secrétaire général du Conseil de l'Europe entre en résonance avec le Nouveau Pacte démocratique pour l'Europe qu'il a mis en chantier.

Envisagé comme un processus collectif et inclusif, ce Pacte veut « consolider les fondations de la démocratie » en tant que « première ligne de défense face aux menaces actuelles ».

L'année 2026 s'annonce comme une phase de consultations afin d'en définir les orientations.

Lien vers le site du Nouveau Pacte démocratique pour l'Europe : https://aeur.eu/f/k96 (Véronique Leblanc)

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