Le chancelier social-démocrate allemand, Olaf Scholz, a promis, lundi 26 août, d’accélérer les expulsions de personnes en situation irrégulière en Allemagne et de durcir la législation sur les armes à feu, lors d’un déplacement sur les lieux de l’attaque terroriste de Solingen de vendredi 23 août qui a coûté la vie à trois personnes et fait des blessés graves.
L’homme de 26 ans, écroué le 25 août, est un demandeur d’asile syrien arrivé en Allemagne en 2022 et qui aurait fait allégeance à l’organisation État islamique.
Il devait être renvoyé l’an dernier vers la Bulgarie, son point d’entrée dans l’UE, en vertu du règlement dit 'de Dublin', mais la procédure a échoué, a rapporté l’AFP.
Selon Politico, Olaf Scholz a demandé à ce titre, le 26 août, la mise en place d’un groupe de travail de pays européens pour évaluer la mise en œuvre des règles européennes sur l’asile, qui viennent d’être réformées par le biais du le nouveau ‘Pacte asile et migration’.
Lundi 26, les partis d’opposition allemands comme la CDU (affiliée au PPE) avaient appelé à durcir la politique migratoire allemande, entre retours accélérés, contrôles permanents aux frontières intérieures de l'espace Schengen et réduction des arrivées de migrants en Allemagne.
Par ailleurs, l'attentat s'est produit à six jours d'un scrutin régional clef pour la coalition allemande dans l'est du pays.
Interrogée sur le sujet le 27 août, la Commission européenne a indiqué qu’à ce stade, il revient d’abord aux autorités allemandes d’enquêter sur cet attentat. Elle est en contact étroit avec Berlin pour tout ce qui relève des questions « de gestion de la migration et de sécurité ».
« Nous avons adopté très récemment le ‘Pacte’, notre base de travail », a ajouté la Commission, refusant de commenter toutes les propositions faites dans la foulée de cette attaque. « On se concentre sur la mise en œuvre du 'Pacte' », a ajouté le porte-parole Eric Mamer.
L’Allemagne réfléchit depuis plusieurs mois, tout comme une poignée d’autres pays membres, à organiser davantage de retours de demandeurs d’asile ou de réfugiés syriens dans leur pays d’origine. En mai, huit pays membres s’étaient exprimés en faveur de cette démarche (EUROPE 13413/36).
La Commission a cependant indiqué, le 27 août, que les conditions n’étaient, selon elle, pas encore réunies pour organiser des retours sûrs vers ce pays. (Solenn Paulic)