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Bulletin Quotidien Europe N° 13352
ACTION EXTÉRIEURE / Commerce

Des organisations agricoles demandent à l’UE de durcir les restrictions à l’importation de produits ukrainiens

Six organisations agricoles de l’UE ont jugé insuffisante la proposition de la Commission européenne visant à mieux contrôler l'afflux de produits ukrainiens dans l'UE (EUROPE 13350/4), jeudi 15 février.

La Commission a proposé, fin janvier, de renouveler pour une année supplémentaire, à partir de juin, l'exemption de droits de douane accordée à l'Ukraine depuis le printemps 2022 pour soutenir le pays en guerre (EUROPE 13340/7). La Commission a proposé des mesures de sauvegarde pour limiter l'impact des importations. Ainsi, des mesures correctives pourraient être adoptées en cas de perturbations importantes sur le marché et, pour trois produits (volaille, œufs, sucre), un frein d'urgence stabiliserait les importations aux volumes moyens importés en 2022-2023, au-delà desquels des droits de douane seraient réimposés.

Ce texte, désormais examiné par les États membres et eurodéputés, ne satisfait pas le Copa-Cogeca et cinq organisations européennes représentant des secteurs-clés (betterave, céréales/oléagineux, volaille, œufs).

« Si le texte proposé reste inchangé, la viabilité économique des secteurs européens de la volaille, des œufs, du sucre, des céréales et du miel sera menacée » sous la pression d'une concurrence ukrainienne bon marché, avertissent les organisations.

Le plafonnement proposé pour trois produits correspond à des volumes élevés « qui ont précisément provoqué » la crise actuelle, tandis qu’aucune restriction n'est prévue (automatiquement) pour les céréales et le miel, malgré l'importante capacité de production ukrainienne, déplorent-elles. « Malheureusement, le Conseil et le Parlement européen ne semblent pas enclins à agir. Cette approche ne parviendra pas à répondre aux préoccupations des agriculteurs et entraînera probablement de nouvelles manifestations », voire de nouveaux « embargos unilatéraux » dans les pays frontaliers, mettent en garde les organisations.

Les agriculteurs de Roumanie, Bulgarie, Pologne, Hongrie et Slovaquie vendent actuellement leurs produits à des prix environ 40% inférieurs au prix du marché, à supposer qu'ils puissent les vendre, assurent-elles. Un problème qui « commence à toucher la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Autriche... où les producteurs de céréales, de volaille et de sucre subissent une pression importante » face à des exportations qui « ne répondent pas à nos normes environnementales et sociales » et « plombent les prix ». (Lionel Changeur)

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