Alors que le Parlement européen doit se prononcer, mardi 28 avril, sur une révision du système de préférences généralisées (SPG), plusieurs acteurs appellent à abaisser le seuil de déclenchement du mécanisme de sauvegarde prévu pour la filière du riz.
En décembre 2025, les colégislateurs s'étaient accordés sur un mécanisme automatique basé sur des contingents tarifaires, uniquement pour le riz provenant du Cambodge et de la Birmanie (EUROPE 13714/15). Celui-ci serait activé en cas de hausse de plus de 45% des importations par rapport à l'année précédente et à condition que les volumes dépassent 562 000 tonnes par an, ce pour le Cambodge et la Birmanie réunis (EUROPE 13764/14).
Mais, déjà, le rapporteur du texte, Gabriel Mato (PPE, espagnol), et le négociateur du groupe CRE avaient émis des réserves sur ce mécanisme. À la veille du vote en plénière, cette question revient sur la table et Madrid a fait part de son soutien quant à une modification des seuils prévus.
« L'Espagne soutient cette initiative et nous espérons qu'elle sera adoptée, car nous sommes un pays producteur de riz, le deuxième après l'Italie. Nous estimons qu'il est nécessaire de disposer d'instruments de protection pour nos producteurs », a déclaré le ministre espagnol de l'Agriculture, Luis Planas, en marge du Conseil 'Agriculture', lundi 27 avril à Luxembourg (voir autres nouvelles). « J'espère vivement que la modification de cette clause, telle qu'elle est proposée, sera approuvée demain par le Parlement européen », a-t-il ajouté.
Dans la journée, les organisations Eat Europe et Farm Europe ont aussi appelé à revoir le dispositif. Si la clause de sauvegarde automatique constitue une avancée, elles estiment que son seuil d'activation est trop élevé pour être réellement opérationnel. Dans une lettre adressée aux eurodéputés, elles plaident pour un abaissement à 20%, afin de permettre une réaction plus rapide en cas de perturbations.
« Un mécanisme de sauvegarde automatique doit être opérationnel, et non pas rester théorique », soulignent-elles. Selon ces organisations, cette réduction des seuils pour le riz pourrait également créer un précédent pour d’autres secteurs agricoles vulnérables, tels que le sucre ou l'éthanol, eux aussi exposés à la volatilité des marchés mondiaux.
Si le texte est amendé en plénière, il devra alors faire l’objet de nouvelles négociations interinstitutionnelles (trilogue). (Juliette Verdes avec Lionel Changeur)