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Bulletin Quotidien Europe N° 13071
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Les ministres de l'Intérieur de l'UE d'accord pour trouver un cadre européen pour organiser le débarquement des migrants sauvés en mer

Les ministres de l’Intérieur des pays de l’UE ont accepté, vendredi 25 novembre à Bruxelles, de mettre en œuvre les 20 actions proposées le 21 novembre par la Commission européenne pour gérer la situation migratoire en Méditerranée centrale et se sont engagés à avancer sur le 'Pacte Asile et Migration' lors de leur réunion formelle du 8 décembre.

Ils ont aussi rappelé la nécessité de se préoccuper des autres routes, comme celle des Balkans occidentaux, qui connaît une forte hausse des arrivées et fera également l’objet dans les prochains jours d’un nouveau plan d’action de la Commission.

La réunion, convoquée après la dispute entre Paris et Rome sur l’accueil des 234 migrants sauvés en mer fin octobre par le navire Ocean Viking, a notamment permis aux ministres de s’accorder sur la recherche d’un cadre européen plus prévisible pour ces opérations de recherche et de sauvetage en mer.

Ils ont ainsi accepté de se retrouver dans le groupe de contact créé par le 'Pacte Asile et Migration' sur ce sujet. Tous les pays devraient donc se retrouver autour d’une table avec les représentants d’ONG, notamment pour entamer une réflexion, aucune date n’étant toutefois encore arrêtée pour ce prochain groupe de contact.

La Commission est également d’avis que les opérations de sauvetage menées par les ONG peuvent avoir besoin d’un « ensemble de règles », comme l’ont demandé Paris et Rome, a indiqué le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás. Et « parler de cela avec les ONG ne doit pas être tabou », a-t-il ajouté.

« Cela ne peut pas être le Far West », a ajouté le vice-président, « un certain ordre » étant nécessaire dans ces opérations, avec un cadre de coopération et d'anticipation entre les États membres pour éviter des situations comme celles de l’Ocean Viking.

Le groupe de contact permettra justement de lancer ces discussions, a ajouté le vice-président. Puis « il s'agira de décider de la forme », a-t-il poursuivi, ces règles pouvant prendre la forme d'un code de conduite.

De son côté, le ministre tchèque de l’Intérieur, Vít Rakušan, a noté une ambiance positive dans la salle et la volonté de tous les États membres de trouver des solutions de « court terme et de long terme », notamment en réussissant la réforme du 'Pacte Asile et Migration' et en continuant de travailler sur différents aspects avec les pays tiers pour prévenir les départs, entre aide financière et coopération sur les retours.

Le ministre a aussi rappelé que l’instrumentalisation de la migration continue d’être une réalité pour certains États membres. La Présidence tchèque du Conseil de l’UE, qui a résumé vendredi dans un document l'ensemble de ces discussions, espère d’ailleurs pouvoir concrétiser un accord sur le règlement ‘instrumentalisation’.

Paris ne reprendra pas encore les relocalisations depuis l’Italie

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est en tout cas félicité de cette réunion, qui a permis d’avancer sur une solution pour « mieux encadrer l’action des ONG, en précisant les droits et obligations qui s’appliquent aux navires effectuant des opérations de sauvetage et en mettant en place un cadre de coopération entre États de la Méditerranée ».

Le ministre français a toutefois jugé que les relocalisations de 3 500 migrants depuis l’Italie, promises au titre du mécanisme volontaire de solidarité activé en juin, ne reprendront que quand ce cadre sera mis en place.

« Nous devons sortir d’une situation où les mêmes États sont appelés à accueillir des navires et à effectuer des relocalisations depuis d’autres États membres » et les relocalisations ne reprendront que « quand cela sera le cas », a-t-il indiqué.

 Arrivées en hausse dans l’UE

Selon les dernières données de l’agence Frontex, au cours des dix premiers mois de cette année, 281 000 entrées irrégulières ont été détectées aux frontières extérieures de l'Union européenne, soit une augmentation de 77% par rapport à la même période de l'année dernière. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 2016. La route des Balkans occidentaux vers l'Union européenne reste par ailleurs la plus active, avec plus de 22 300 détections en octobre, soit près de trois fois plus qu'il y a un an.

La route de la Méditerranée centrale, quant à elle, a connu une augmentation de 59% du nombre de franchissements irréguliers des frontières détectés entre janvier et octobre, pour atteindre plus de 85 000 franchissements, ce qui en fait la deuxième route migratoire la plus active vers l'UE.

À noter que le nombre de migrants irréguliers détectés dans la Manche s'est élevé à 62 000, ce qui représente une augmentation de 70% par rapport à la même période en 2021, indique aussi Frontex.

Lire le résumé de la réunion : https://aeur.eu/f/4b4 (Solenn Paulic)

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