Les ministres européens des Affaires européennes ont accueilli positivement les conclusions des chefs d'État ou de gouvernement sur la désinformation, y compris le nouveau plan d'action conjoint de l'UE (EUROPE 12153). Au cours d'un débat (non public), mardi 8 janvier, certains ont souligné l'importance de clarifier le rôle que devront jouer les États membres.
Face à la multiplication de ces « informations fausses ou trompeuses, qui sont créées, présentées et diffusées à des fins économiques ou pour tromper intentionnellement le public », la Commission européenne a présenté, fin décembre, un plan d'action coordonné qui propose notamment la mise en place d'un système d'alerte rapide (EUROPE 12153). L'importance de la lutte contre la désinformation a également été reconnue lors du Conseil européen des 13 et 14 décembre 2018 (EUROPE 12158). L'enjeu est de taille à l'approche des élections européennes de mai, qui seront suivies d'une cinquantaine d'élections présidentielles, nationales ou locales/régionales d'ici à 2020.
Lors du tour de table, les ministres de l'UE se sont, eux aussi, félicités du plan d'action de la Commission et du système d'alerte rapide. Ils sont plusieurs à avoir insisté sur une véritable appropriation du sujet par les plates-formes, dans le respect des valeurs européennes et du pluralisme des médias. Certains ont également mis en avant le rôle joué par la Russie (4 500 cas de désinformation entre 2015 et 2018, selon la Commission) et l'importance de l'OTAN. D'après nos informations, les ministres auraient exprimé des points de vue légèrement différents sur le rôle à jouer par l'État : les Pays-Bas auraient plutôt insisté sur la nécessité de miser sur la résilience de la société tandis que d'autres pays, comme la République tchèque, miseraient sur l'administration publique pour déminer ('debunk') les fausses nouvelles.
À noter que ce sujet sera à nouveau à l'ordre du jour du Conseil 'Affaires étrangères' du 21 janvier pour discussion et du Conseil 'Affaires générales' du 19 février, au cours duquel des conclusions relatives à des élections libres et justes seront adoptées. Le Conseil européen prendra note des progrès accomplis lors de sa réunion de printemps. (Sophie Petitjean)