Les fruits et les légumes contenant des cocktails de pesticides toxiques continuent d’inonder le marché de l’UE, s’est alarmé PAN Europe (Pesticide Action Europe), mercredi 1er août, au vu du dernier rapport publié par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les résidus de pesticides dans les aliments.
De ce rapport 2018, qui fait la synthèse des résultats des contrôles effectués en 2016 sur 84 657 échantillons testés d’aliments transformés et non transformés, l’EFSA et PAN Europe tirent des conclusions totalement différentes (EUROPE 12072).
Tandis que l'EFSA a conclu que les risques, à court et à long terme, pour la santé des consommateurs sont faibles, PAN Europe retient en particulier que près d’un produit à base de fruits ou légumes sur trois, vendu en Europe, contient plus d’un pesticide et que 68 % des raisins de table et 65 % des fraises contiennent plus d’un pesticide.
Or, les effets toxiques combinés de ces pesticides n’ont pas été évalués par les autorités européennes. Les preuves scientifiques abondent montrant que les pesticides peuvent avoir des effets synergiques ou cumulatifs et augmenter la toxicité de chaque pesticide pris individuellement, affirme l'ONG qui milite pour une utilisation durable des pesticides.
« Les effets des combinaisons toxiques ne sont toujours pas pris en compte dans les calculs de sécurité de l'UE, en dépit de la législation de 2006 exigeant que l'EFSA les prenne en compte » précise, dans un communiqué, Hans Muilerman, de cette ONG.
Selon le rapport de l'EFSA, les plus fortes occurrences de résidus multiples ont été relevées dans les groseilles à maquereau (85,7 % des échantillons analysés), le houblon (81,8 %), les pamplemousses (73,1 %), les mûres (68,4 %) et 2,8 % des 85 000 échantillons testés contenaient des résidus de plus de 5 pesticides dans un seul produit à base de fruits ou de légumes.
PAN Europe s'inquiète aussi, entre autres, que du glyphosate ait été détecté dans 3,5 % de tous les échantillons de fruits et légumes analysés. (Aminata Niang)