Le commissaire européen aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a appelé, vendredi 9 février, lors d’une visite au Monténégro, à la poursuite des réformes et à la fin du boycott au Parlement monténégrin.
« Une perspective d'élargissement crédible exige des efforts et des réformes crédibles. Il n'y a pas de laissez-passer gratuits et les critères ne changent pas », a-t-il prévenu devant le Parlement monténégrin, précisant que la perspective d’adhésion à l’horizon 2025, donnée dans la stratégie de la Commission européenne (EUROPE 11955), était « extrêmement ambitieuse ».
« La priorité absolue est de s'attaquer aux insuffisances qui existent, en particulier aux faiblesses importantes en matière d'État de droit, de droits fondamentaux, de liberté d'expression et de lutte contre la corruption et le crime organisé », a expliqué M. Hahn. Améliorer le fonctionnement des institutions démocratiques et réformer l'administration publique sont d’autres priorités, a-t-il poursuivi.
Selon le commissaire, le cadre juridique et la structure institutionnelle sont largement en place et il est désormais « temps d'obtenir des résultats tangibles ». « Les institutions, y compris le Procureur spécial et l'Agence de lutte contre la corruption, devraient exercer leurs mandats de manière indépendante et transparente », a-t-il rappelé, ajoutant qu’« il devait y avoir une tolérance zéro pour la corruption et le crime organisé, le blanchiment d'argent et la traite des êtres humains ». La liberté d'expression et des médias devrait fonctionner sans ingérence excessive, a ajouté le commissaire.
Estimant que l’État de droit allait de pair avec le développement économique, M. Hahn a aussi cité l’importance de faire des réformes économiques et de lutter contre le chômage élevé. « Une forte impulsion politique et un effort national mobilisant tous les talents du pays sont nécessaires pour mener à bien les réformes », a prévenu le commissaire.
Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre monténégrin, Duško Marković, M. Hahn a aussi appelé à la fin du boycott de l’opposition au Parlement, un boycott qui dure depuis des mois. « Le boycott en cours, du Parlement, n’est pas une façon européenne de faire face à un désaccord », a-t-il expliqué. « Les discours principaux devraient avoir lieu au parlement. C’est un signe et la preuve d’une maturité démocratique », a-t-il ajouté. « Ayons les discussions difficiles, mais au sein du parlement, et soutenons l’objectif national » qu’est l’adhésion ; « tout le monde est responsable » pour cela, a prévenu M. Hahn. « Personne ne devrait perdre de temps. Je peux seulement demander et j’espère convaincre les forces politiques à participer à la voie européenne du Monténégro et à retourner au Parlement », a-t-il appelé, précisant que l’objectif de l’adhésion ne pouvait être atteint que si chacun jouait son rôle. (Camille-Cerise Gessant)