Les ministres de l’Éducation des États membres de l'UE se réuniront en Conseil, jeudi 15 février à Bruxelles, pour discuter des conclusions du Sommet européen du 14 décembre (EUROPE 11927). Ils s’apprêtent notamment à tenir un débat d’orientation sur l’avenir du programme Erasmus+ sans pour autant s’attaquer aux questions les plus sensibles.
Pour rappel, les conclusions adoptées par les chefs d’État ou de gouvernement le 14 décembre consacraient tout un chapitre à l’éducation. Elles appelaient à : - intensifier la mobilité et les échanges ; - encourager l'émergence, d'ici 2024, d'une vingtaine d'« universités européennes » (des réseaux d'universités au niveau de l'UE reposant sur une approche « par le bas », qui permettront aux étudiants d'obtenir un diplôme en combinant des études dans plusieurs pays de l'UE et qui contribueront à la compétitivité internationale des universités européennes) ; - renforcer l'apprentissage des langues pour faire en sorte que davantage de jeunes parlent au moins deux langues européennes en plus de leur langue maternelle ; - favoriser la création d’une « carte d'étudiant européenne ».
La réunion du 15 février devrait permettre aux ministres d’aborder toutes ces initiatives concrètes. Au total, la Présidence bulgare prévoit deux débats d’orientation distincts, l’un sur Erasmus+ et l’autre sur les initiatives spécifiques listées dans les conclusions du 14 décembre (y compris, leur ordre de priorité). Le déjeuner informel portera, quant à lui, sur le renforcement de la coopération dans le domaine de l’enseignement et de l’enseignement supérieur en vue de l’édification de sociétés inclusives, cohésives et innovantes.
Améliorer Erasmus+
Le programme Erasmus+ couvre l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport. Doté d’un budget de 14,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020, il offre la possibilité d’effectuer des périodes d’études et des stages/apprentissages à la fois aux étudiants de l’enseignement supérieur et à ceux de l’enseignement et de la formation professionnels.
Au vu des réflexions actuelles sur l’avenir du programme, la Présidence bulgare interroge les ministres sur les mesures à prendre pour : (1) encourager une plus large participation au programme (en particulier des régions périphériques et des régions accusant un retard socio-économique ainsi que de personnes issues de tous les horizons socio-économiques et d'organisations de plus petite taille) ; (2) contribuer à renforcer la capacité de l'Europe à innover, ainsi qu'à attirer et à réintégrer demain nos plus brillants cerveaux ; (3) renforcer les synergies entre Erasmus+ et d'autres instruments.
La note qu’elle a préparée ne fait toutefois aucune référence aux deux questions les plus sensibles, à savoir : les échanges avec le Royaume-Uni après le Brexit et le financement du programme après 2020 (EUROPE 11947). À noter que la Commission prévoit d’adopter bientôt une communication faisant suite au rapport d’évaluation à mi-parcours du programme Erasmus+ et de ses prédécesseurs. (Sophie Petitjean)