La Commission européenne a lancé, le 16 août dernier, une consultation publique jusqu’au 17 novembre sur « la manière de rendre la chaîne d’approvisionnement alimentaire plus équitable », indique-t-elle dans un communiqué de presse.
Le lancement de cette consultation publique fait suite à l’adoption, le 25 juillet, d’un rapport sur les options à l’étude pour améliorer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire en fonction de trois thèmes (EUROPE 11839) : lutte contre les pratiques commerciales déloyales, transparence du marché et renforcement de la coopération entre les agriculteurs.
La Commission prévoit d’adopter au plus tôt en mars 2018 des propositions pour améliorer le fonctionnement de la chaîne alimentaire.
« Il y a des raisons de penser que la valeur ajoutée n’est pas correctement répartie entre les différents maillons de la chaîne d’approvisionnement alimentaire », souligne la Commission dans un communiqué. Elle relève notamment des différences de pouvoir de négociation entre les acteurs de petite taille, plus vulnérables, au rang desquels figurent les agriculteurs et les petites entreprises et leurs partenaires commerciaux plus puissants économiquement et fortement concentrés.
La Commission souhaite recueillir des contributions qui lui permettront d'évaluer la nécessité et l'opportunité de prendre des mesures au niveau de l'UE pour combattre ou réguler les pratiques commerciales déloyales dans le domaine agroalimentaire.
Elle est également désireuse d'évaluer le degré de transparence du marché tout au long de la chaîne et d'identifier les endroits où celle-ci peut être améliorée. La consultation aidera à déterminer si l'UE doit introduire des mécanismes supplémentaires de transparence du marché, étant entendu qu'un certain degré de concurrence est nécessaire.
Enfin, le questionnaire vise à évaluer l'intérêt des parties prenantes pour une coopération entre producteurs et pour l'application d'accords dits ‘de partage de la valeur’ (c'est-à-dire de partage des gains et des pertes résultant des variations des prix pertinents du marché) qui existent déjà dans certains secteurs comme celui du sucre.
La Commission invite donc les agriculteurs, les citoyens et les autres parties intéressées à donner leur avis sur le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. La consultation est en ligne depuis le 16 août en anglais et sera disponible dans toutes les autres langues de l’Union européenne d’ici le 25 août.
« Les agriculteurs constituent le premier maillon de la chaîne et, sans eux, il n’y aurait pas d’aliments à transformer, vendre ou consommer », a déclaré Phil Hogan, le commissaire européen à l’Agriculture. « Nous observons qu’ils restent souvent le maillon le plus faible. C’est pour remédier aux faiblesses de la chaîne d’approvisionnement alimentaire que nous prenons l’initiative d’agir », souligne encore le commissaire. (Lionel Changeur)