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Bulletin Quotidien Europe N° 11844
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ACTION EXTÉRIEURE / CorÉe du nord

L’UE va intensifier ses efforts diplomatiques pour appaiser les tensions

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, lundi 14 août, après une réunion exceptionnelle de plusieurs heures, le même jour, du comité politique et de sécurité (Cops), que l’UE et ses États membres allaient intensifier leurs efforts diplomatiques vis-à-vis de la Corée du Nord, jugeant qu’il était « urgent d’apaiser les tensions liées à la situation dans la péninsule coréenne ».

Les tensions, qui sont montées d’un cran début août, en raison, entre autres, de déclarations des présidents nord-coréen et américain, ont baissé ces derniers jours.

Dans une déclaration, Mme Mogherini a expliqué que les représentants des États membres avaient convenu, lors de cette réunion du Cops, convoquée à la suite de discussions entre la Haute Représentante et les acteurs clés régionaux et internationaux lors du forum régional de l’ANASE, le 7 août, « que l’Union et ses États membres intensifieraient leurs efforts diplomatiques ». Pour cela, ils vont contacter la Corée du Sud, les États-Unis, la Chine, la Russie et le Japon, mais aussi la Corée du Nord, pour transmettre leurs messages, a précisé Mme Mogherini, estimant qu’il était « essentiel de maintenir l’unité de la communauté internationale ».

Mme Mogherini a donc rappelé le soutien de l’UE aux efforts diplomatiques déployés avec ses partenaires « afin d’apaiser la situation et d’arriver à une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne par des moyens pacifiques, c’est-à-dire non militaires ».

Selon la Haute Représentante, « tous les moyens diplomatiques doivent être mis en œuvre pour éviter une nouvelle escalade et pour trouver une solution à cette crise qui met en péril, non seulement le régime général de non-prolifération, mais aussi la sécurité de l’Asie et du monde ».

Ainsi, l’UE est « prête à œuvrer en faveur d’un dialogue crédible et constructif » avec la Corée du Nord et la communauté internationale, sous les auspices de la Corée du Sud, a précisé la Haute Représentante, rappelant sa volonté d'aider Séoul dans cette tâche « par tous les moyens, y compris en mettant à sa disposition l’expertise technique développée par l’UE lors des négociations relatives aux dossiers nucléaires ». Mme Mogherini a également annoncé qu’elle resterait en contact régulier avec ses homologues de la région et au-delà.

Les ministres des Affaires étrangères avaient déjà discuté de la Corée du Nord lors de leur dernier Conseil du 17 juillet (EUROPE 11831).

L’UE prend des sanctions supplémentaires contre Pyongyang

Dans sa déclaration, Mme Mogherini a appelé Pyongyang à s’abstenir de toute nouvelle provocation et prévenu que l’UE envisagerait « d’autres mesures et réponses appropriées en étroite coopération avec ses partenaires clés et conformément aux délibérations du Conseil de sécurité des Nations unies (UNSC) ».

L’UE a déjà renforcé, le 11 août, ses sanctions à l’encontre de la Corée du Nord en transposant les nouvelles sanctions adoptées par le Conseil de sécurité, dans la résolution 2371, en raison des activités ininterrompues nord-coréennes dans les domaines nucléaire et balistique.

Quatre entités – la banque d'État Foreign Trade Bank (FTB), la Korean National Insurance Company (KNIC), la Koryo Credit Development Bank et la Mansudae Overseas Project Group of Companies, qui est spécialisée dans l’envoi de main d’œuvre nord-coréenne dans des pays tiers – et neuf personnes sont désormais soumises à un gel de leurs avoirs et une interdiction de visa. Avec cette décision, 62 personnes et 50 entités figurant sur les listes établies par les Nations unies sont visées par les sanctions à l'encontre de la Corée du Nord. 41 personnes et 7 entités sont aussi désignées de manière autonome par l'UE.

Le Conseil va aussi faire le nécessaire pour transposer rapidement les autres sanctions figurant dans la résolution 2371, a précisé le Conseil dans son communiqué. Il s’agit, entre autres, de l’interdiction des exportations nord-coréennes de fer, de minerai de fer, de plomb, de minerai de plomb, de poisson et de crustacés, de l’interdiction de toutes nouvelles sociétés communes entre des entreprises étrangères et nord-coréennes et de l'arrêt de tout investissement supplémentaire dans celles qui existent déjà. La résolution interdit aussi à Pyongyang d'augmenter ses quotas de travailleurs à l'étranger. (Camille-Cerise Gessant)

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