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Bulletin Quotidien Europe N° 11585
INSTITUTIONNEL / (ae) prÉsidence slovaque

M. Fico hostile aux changements de traités pour réformer l'UE

Bratislava, 01/07/2016 (Agence Europe) - Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a écarté l'hypothèse d'un changement de traité pour réformer l'Union européenne à 27 États membres, vendredi 1er juillet, à l'occasion du lancement de la Présidence slovaque du Conseil de l'UE.

« Je crains des attentes extrêmement élevées »: certains pourraient dire que tout va bien et qu'il ne faut rien changer, mais d'autres pays pourraient dire que des réformes en profondeur sont nécessaires, telles qu'« une modification des traités », a déclaré M. Fico. En tant que Présidence slovaque, « nous n'envisageons pas de telles demandes radicales », a-t-il ajouté, prônant une meilleure communication sur les avantages d'une appartenance à l'UE en direction des citoyens européens. L'Allemagne et l'Autriche sont notamment sur cette ligne. En revanche, la Pologne, membre comme la Slovaquie du groupe de Visegrad regroupant quatre pays d'Europe centrale, plaide ouvertement pour une réforme institutionnelle (EUROPE 11583).

Dans le cadre de la réflexion sur l'avenir de l'Union européenne qu'ont entamée les États membres sauf le Royaume-Uni, les leaders européens se retrouveront, vendredi 16 septembre à Bratislava, pour une réunion informelle, au lendemain du discours sur l'état de l'Union que prononcera le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement européen (EUROPE 11584).

Convaincu de la fraîcheur que pourrait avoir un débat tenu en dehors de la sphère bruxelloise, M. Fico a dit avoir fait cette proposition à ses homologues européens « quelques semaines » avant l'annonce des résultats du référendum britannique. Et, selon lui, la réunion informelle de Bratislava n'a « aucun lien » avec les soubresauts politiques internes au Royaume-Uni.

Pédagogue, M. Juncker, a rappelé que, jusqu'à 2003, les réunions du Conseil européen avaient lieu dans les pays de la Présidence tournante du Conseil de l'UE. Depuis 2003, les choses ont changé avec l'entrée en vigueur du traité de Nice. « Pourquoi ? Parce que cela coûte moins cher et que la Belgique a demandé une compensation » en relation à une perte de voix au sein du Conseil, a-t-il noté.

Le président de la Commission a estimé nécessaire d'expliquer aux citoyens l'agenda de réformes que poursuit la Commission européenne, parmi lesquelles l'approfondissement du marché intérieur. Il a noté qu'une vingtaine de règlementations européennes avaient été évaluées au regard du principe de subsidiarité et que le nombre d'initiatives législatives avait aussi beaucoup diminué par rapport à la Commission précédente.

En cas de 'Brexit', pas de renoncement sur la libre circulation

L'ancien premier ministre luxembourgeois a, par ailleurs, été très clair sur la position des Européens dans le cadre des futures négociations sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE et des nouvelles relations que les deux entités noueront une fois celui-ci redevenu un pays européen tiers. « Un des enjeux principaux concerne la libre circulation de travailleurs. Nous ne changerons pas cela », a-t-il souligné. Et d'insister: « Si vous voulez l'accès au marché intérieur, vous devez en accepter toutes les conséquences, et donc les quatre libertés, y compris la libre circulation des travailleurs ».

À Londres, Michael Gove, candidat des partisans du 'Brexit' à la direction du parti conservateur britannique et possible futur Premier ministre, a assuré qu'il allait concrétiser le souhait d'une majorité de Britanniques d'en finir avec la libre circulation et la suprématie du droit européen.

Trouver un équilibre sur les questions migratoires

Le président de la Commission n'a pas nié l'existence de certains « conflits » opposant l'échelon européen et la Slovaquie. C'est le cas notamment pour certains textes législatifs ou propositions destinées à affronter le défi migratoire. La Slovaquie a attaqué en justice les quotas attribués aux États membres pour la relocalisation des réfugiés bloqués en Grèce ou en Italie (EUROPE 11400). Elle n'est pas non plus convaincue de la réforme du système de Dublin sur l'octroi du droit d'asile qui prévoit des sanctions financières pour les pays refusant de faire preuve de solidarité en matière d'accueil de réfugiés (EUROPE 11546).

Prônant le « respect mutuel » et la recherche de l'« équilibre » entre les positions exprimées, M. Fico a indiqué que la Slovaquie agissait en matière d'accueil de migrants. Il a évoqué un projet de coopération avec l'Autriche dans le cadre duquel la Slovaquie accueille sur son territoire des migrants attendant une réponse à leur demande d'asile déposée auprès de l'administration autrichienne. Sur la question de la relocalisation, la secrétaire d'État aux Affaires intérieures, Denisa Sakova, avait, la veille, souligné le fait que les migrants reprennent la route « dans les 24 heures » vers leur destination finale, en général l'Allemagne.

Le parti Smer de M. Fico est sous la menace de sanctions du Parti socialiste européen auquel il est affilié en raison des propos au vitriol du Premier ministre slovaque sur la place de l'Islam dans son pays (EUROPE 11575). (Mathieu Bion)

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