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Bulletin Quotidien Europe N° 10733
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Europe prudente au Moyen-Orient - remarques et curiosités diverses

Syrie: présence et scepticisme de l'Europe. La politique étrangère a ses exigences et l'UE a exprimé sa confiance dans le rassemblement des forces qui en Syrie s'opposent au gouvernement officiel. Mais en réalité les perplexités subsistent. À la condition de ne pas être cité, un haut fonctionnaire européen a exprimé ses doutes: les forces d'opposition ne forment en aucune manière un ensemble compact et se battent entre elles ; si on renforce l'opposition, les forces favorables au régime feront de même et « on va monter dans l'horreur » (voir notre bulletin n° 10724). J'ignore qui est l'auteur de ces remarques, ou s'il a été inspiré par quelques ministres européens des Affaires étrangères sceptiques sur les résultats de la tactique officielle, ou bien par une autre personnalité. Mais je me rappelle qu'en octobre dernier, Pierre Vimont, secrétaire général du Service européen pour l'Action extérieure (SEAE) avait déjà décrit la réalité de l'opposition en Syrie: « Chacun des différents groupes et des différentes communautés a de l'inimitié à l'égard des autres » ; au sein de l'Armée syrienne libre se cache « toute une série de milices opérant souvent de manière autonome » ; en fait, chacune agit pour son compte (voir notre bulletin du 13 octobre).

J'ignore si celui qui s'est exprimé un mois plus tard est encore Pierre Vimont. Mais je crois que l'UE a ses raisons d'être prudente. Elle doit participer aux efforts internationaux visant à apaiser la situation en Syrie et tout autour, afin de rétablir un modus vivendi ; en même temps, elle ne doit pas cacher ses perplexités et ses doutes sur l'efficacité des décisions prises, en tenant compte des intérêts européens, là où la Turquie, la Russie et d'autres protagonistes protègent les leurs de manière explicite.

L'Égypte doit choisir. L'Égypte faisait partie au départ des pays du Printemps Arabe, mais elle s'en est éloignée. Elle gère autrement ses relations avec l'Europe, ce qui est évidemment son droit. L'engagement à respecter les Accords de Camp David dans ses relations avec Israël devrait rester valable, sans oublier qu'il constitue l'une des conditions du soutien financier américain à l'armée égyptienne.

Mais le président égyptien, Mohammed Morsi, n'oublie pas que sa base électorale appartient aux Frères musulmans et il a pris fermement position contre Israël dans le conflit actuel autour de la bande de Gaza. Il s'est offert pour jouer un rôle d'intermédiaire mais, en même temps, dans la zone du Sinaï, les difficultés Égypte-Israël se multiplient. Réalité complexe donc pour le président égyptien, à moins que: a) le successeur de Mme Clinton soit moins rigoureux à propos du respect au Caire des Accords de Camp David ; b) le financement colossal du Qatar en faveur de Gaza permette à l'Égypte de se limiter à des réactions verbales, tout en respectant les Accords.

Situation délicate, où les protagonistes souhaiteraient éviter de faire des choix explicites. On attend une nouvelle clarification de M. Vimont ou d'une voix moins officielle mais aussi efficace.

Les mots non prononcés. Quelques commentateurs ont observé que le président français, François Hollande, n'a prononcé, dans sa conférence de presse solennelle de la semaine dernière, ni le mot fédéralisme ni les termes union politique. Hasard ou choix politique ?

Daniel Cohn-Bendit se détache. Voici ce qu'a écrit dans sa rubrique de l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur l'un des plus méritoires et des plus célèbres membres du Parlement européen: « Je ne solliciterai pas de nouveau mandat. Je suis addicted à la politique, mais pas au point de finir en vieille star des planches bruxelloises. » Il ne s'effacera pas du monde politique mais s'exprimera sur un plan « plus ouvert sur le monde que restreint à une compétition continentale, fût-elle européenne ».

Cette rubrique reviendra sur les raisons et la signification de ce geste.

L'Europe que les jeunes aiment. « Symbole de la génération Erasmus… », c'est ainsi qu'un journal a défini une personnalité de plus en plus appréciée du monde artistique européen. Le programme Erasmus, on le sait, permet à un nombre croissant de jeunes européens d'effectuer une partie de leurs études universitaires ailleurs que dans leur pays d'origine. Ceux qui y participent vivent et étudient avec des collègues d'autres nationalités, connaissent des lieux nouveaux, les amitiés qui se forment seront inoubliables, les perspectives professionnelles s'élargissent… Face aux véritables gaspillages de ressources communautaires, que cette rubrique a encore dénoncés dans le bulletin précédent, est-il opportun que ce soit Erasmus, l'une des réalisations européennes les moins coûteuses, que quelques États membres veulent sacrifier ? Symbole de l'unité européenne, Erasmus est l'une des rares réalisations européennes que les jeunes aiment et soutiennent dans cette période d'euroscepticisme croissant.

(FR)

 

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