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Bulletin Quotidien Europe N° 10725
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Quelques remarques sur des évolutions en cours dans l'Union européenne

Des Régions aux États. Les institutions européennes ont refusé de s'exprimer sur l'intention éventuelle de l'une ou l'autre Région de l'UE de devenir un État autonome, les cas les plus éclatants étant la Catalogne et l'Écosse. Le silence officiel est logique: l'UE est composée d'États souverains ; si des États nouveaux naissent et sont reconnus, ils devront demander l'adhésion s'ils la souhaitent. Il ne revient pas aux institutions actuelles de créer des problèmes, ni de s'exprimer sur des États qui n'existent pas (ou pas encore).

Une affaire qui doit rester européenne. Les complications croissantes autour de la nomination d'un membre du directoire de la Banque centrale européenne (voir notre bulletin de mardi) sont correctement discutées dans le cadre des institutions de l'UE. Quelles que soient les divergences, c'est le cadre légitime, alors que le projet visant à réglementer la présence de femmes dans les organes de décision des sociétés privées est une affaire nationale, de la compétence des États membres. Évitons les confusions. Voir aussi le point suivant.

Une querelle inutile ? Une réglementation communautaire spécifique pour le secteur de la coiffure n'existera pas. Ce qui est à première vue étrange, c'est que dix États membres aient estimé nécessaire une démarche formelle auprès de la Commission européenne pour souligner qu'ils s'y opposent (voir notre bulletin n° 10722), comme s'ils avaient l'impression qu'un tel projet était envisagé. Il est vrai que les professionnels de la coiffure se sont mis d'accord sur les systèmes de ventilation, l'interdiction des hauts talons pour le personnel, etc., et que quelques fonctionnaires européens zélés se sont demandé si un tel accord est licite et si une réglementation européenne serait opportune. Le Parti socialiste européen (PSE) a protesté contre la démarche des dix États (Allemagne, Royaume-Uni, Pologne, Pays-Bas, etc.), la qualifiant de « premier exemple d'une tentative de ministres pour bloquer le processus de dialogue social », invitant la Commission à ne pas se laisser intimider et demandant que le Conseil ministériel Emploi et Affaires sociales s'en occupe.

Les partenaires sociaux du secteur concerné sont vraisemblablement étonnés du poids acquis par leur initiative. À première vue, c'est un cas d'ingérence européenne inutile. Aux juristes de vérifier si l'accord « coiffure » est conforme aux règles de concurrence ; mais que l'UE laisse chaque État membre agir à sa guise.

Ce que l'on n'ose pas reconnaître. L'humanité est-elle en train de rendre progressivement la terre invivable ? Plusieurs savants n'hésitent pas à affirmer que l'expansion permanente de la population mondiale justifie ce point d'interrogation. L'homme laisse de moins en moins de place aux animaux et à la nature. En Europe, les tentatives de cohabitation disciplinée entre l'activité humaine d'une part, les loups ou les ours de l'autre, sont souvent des échecs. Ailleurs, les hommes accélèrent la destruction des éléphants et des baleines. L'enjeu n'est pas seulement représenté par les espèces animales, mais aussi par les ressources naturelles: en Afrique, le problème de l'eau va devenir dramatique si l'écoulement de l'eau du Nil jusqu'aux rivages de l'Égypte est entravé.

L'homme devrait comprendre qu'il n'est pas le patron de notre petite planète, mais l'un de ses habitants, à côté des animaux et de la nature. Ces considérations font suite à la constatation de conflits entre les loups réintroduits dans quelques zones en Europe et les éleveurs locaux de moutons, ainsi qu'à l'information publiée dans notre bulletin sur la relance des financements de l'UE en faveur de la planification familiale dans les pays en développement. Il ne s'agit pas d'entraver les naissances, mais d'offrir la possibilité aux femmes qui le souhaitent de différer ou d'éviter une grossesse ; elles sont évaluées à plus de 200 millions, mariées ou jeunes filles. Le nombre de grossesses non souhaitées pourrait diminuer de plus de 70 %.

L'humanité sauve les nouveau-nés et en même temps prolonge la vie des anciens: ce sont de bonnes nouvelles, mais qui doivent être accompagnées par un contrôle efficace de l'expansion de la race humaine.

Difficultés et optimisme. J'ai eu l'occasion d'entendre récemment le Vicomte Étienne Davignon, personnalité historique de la construction européenne toujours impliquée dans les évolutions en cours, s'exprimer sans complaisance sur la situation actuelle. Il a constaté que les gens sont désemparés, s'interrogent, doutent et ne comprennent plus dans quelle direction va la construction européenne. Il n'aime pas la formule Union politique, équivoque à son avis ; il préfère parler de souveraineté partagée. Il faut clarifier où l'on veut aller, au lieu de se limiter à créer des instruments. Et il admet un certain niveau d'ambiguïté sur l'avenir.

Après une longue description des difficultés et des obstacles, il a conclu: « Donc, je suis optimiste. » Conclusion à première vue étrange, mais qui invite à réfléchir.

(FR)

 

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