Bruxelles, 22/08/2012 (Agence Europe) - L'Union européenne est prête à travailler avec le nouveau ministre des Affaires étrangères biélorusse, Vladimir Makeï, alors que celui-ci est soumis à des sanctions financières et économiques de l'UE et que les relations entre l'UE et le Bélarus sont des plus tendues. « L'UE continuera de travailler avec le nouveau ministre des Affaires étrangères selon le même schéma qu'avec le ministre précédent, M. Martynov », nommé à un autre poste, a indiqué lundi 20 août Sébastien Brabant, le porte-parole adjoint de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton. Le Bélarus a appelé lundi l'Europe à rayer le nom de son ministre de sa « liste noire » afin qu'il puisse se déplacer dans le monde entier.
Révision des sanctions et discussions avec les ambassadeurs
Le 10 août, les États membres, réunis au sein du Comité politique et de sécurité (COPS), se sont réunis pour discuter des relations entre l'UE et le Bélarus à la suite de l'expulsion la semaine précédente des diplomates suédois présents à Minsk, dont l'ambassadeur Stefan Eriksson, et de la fermeture de l'ambassade biélorusse à Stockholm. Cette expulsion est survenue après le parachutage, le 4 juillet, d'ours en peluche contenant des appels à la liberté et au respect des droits de l'Homme par des militants suédois. Les États membres ont souligné que « l'UE est prête à revoir ses mesures restrictives à l'encontre du Bélarus avant le 31 octobre 2012, et a décidé que, pour évaluer le contexte plus large des relations UE-Bélarus et des développements internes (…), l'évolution de la situation découlant de la crise diplomatique actuelle causée par le Bélarus sera également prise en compte ». Les États membres ont aussi décidé que les ambassadeurs biélorusses « devraient être convoqués par les ministères des Affaires étrangères des États membres de l'UE et par le SEAE, afin de recevoir la position de l'UE à cet égard ».
Les Européens ont « décidé que la restriction des contacts politiques avec le Bélarus sera soumise à l'attention voulue » et précisé que les mesures décidées par Minsk ont un « impact sur les conditions d'un dialogue politique entre l'UE et le Bélarus ».
Les États membres ont aussi exprimé leur soutien « sans réserve » à la déclaration de Mme Ashton précisant que la décision de Minsk allait « à l'encontre des règles régissant les relations entre États ». « L'UE et la Suède attachent une grande importance à la modernisation du Bélarus et à la diffusion des valeurs européennes, en particulier la démocratie, les droits de l'Homme et l'état de droit », a ajouté la Haute Représentante dans un communiqué publié le 3 août.
De son côté, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, a appelé, le 10 août, les autorités biélorusses à revenir sur leur décision et à reprendre le dialogue, précisant que cette décision « ne va pas aider à rompre l'isolement du Bélarus du reste de l'Europe ». (CG)