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Bulletin Quotidien Europe N° 10440
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/bce

Le rôle de la BCE salué

Bruxelles, 29/08/2011 (Agence Europe) - Les eurodéputés de la commission parlementaire des Affaires économiques et monétaires ont majoritairement salué, lundi 29 août, le rôle qu'a joué la Banque centrale européenne (BCE) en réactivant son programme de rachats d'obligations souveraines afin de calmer les turbulences financières du mois d'août. Le président de la Banque de Francfort Jean-Claude Trichet s'est de nouveau placé du côté du PE dans son bras de fer l'opposant au Conseil sur la réforme du Pacte de stabilité (EUROPE n°10437).

Il était « indispensable » que la BCE intervienne sur les marchés même si d'éminentes personnalités ont critiqué cette initiative, a déclaré l'Allemand Werner Langen au nom du groupe PPE. « L'indépendance de la BCE est renforcée », a-t-il ajouté. Sylvie Goulard (ADLE, France) a jugé favorablement l'action de la Banque qui a œuvré « dans l'intérêt général européen », même s'il ne doit pas revenir indéfiniment à l'institution européenne de pallier toutes les carences d'une gouvernance de la zone euro encore fondée sur des mécanismes intergouvernementaux. Sven Giegold (Verts/ALE, Allemagne) a estimé « incroyable » que la BCE soit la seule institution capable d'agir et, au même moment, essuie des critiques pour son action. « L'euro existera-t-il encore dans dix ans ? », a lancé Robert Goebbels (S&D, Luxembourg). Comme M. Langen, il a prôné « une limitation de vitesse contre les casse-cous des marchés financiers », dénonçant à sa façon l'impact sur les cours des transactions générées automatiquement par ordinateur.

Intervenant un peu plus tard dans l'après-midi en commission parlementaire, le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski a estimé que les actions de la BCE avaient ni plus ni moins permis de sauver l'Europe. Nous devons vraiment être conscients de l'importance de cette action qui a eu lieu dans le respect des compétences de la Banque, a-t-il ajouté.

En réponse aux turbulences financières, la BCE a agi tout en respectant le principe des traités européens, a en effet souligné M. Trichet: nous n'avons donc pas acheté des titres de dette souveraine directement auprès des États membres mais sur les marchés secondaires. Au total, 115 milliards d'euros ont été dépensés depuis le lancement du programme en 2010 au déclenchement de la crise grecque. Dans le même temps, nous demandons aux États membres d'accélérer le processus de consolidation budgétaire, a ajouté M. Trichet. Certains eurodéputés lui ont demandé de faire la lumière sur les mesures réclamées, par courrier, à des pays comme l'Italie et l'Espagne dont les titres de dette ont bénéficié de l'intervention de la BCE.

Sur les questions liées à la gouvernance économique, le président de la BCE s'est de nouveau rangé du côté du Parlement européen dans le cadre des négociations sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance. Les eurodéputés veulent introduire plus d'automaticité dans la prise de décision dans le volet préventif du Pacte. Une mesure à laquelle s'opposent les États membres et qui bloque l'adoption du paquet de six textes législatifs. « Nous sommes dans votre camp », a souligné M. Trichet en appelant à un bouclage « très rapide » des négociations. Selon lui, la déclaration franco-allemande de mi-août favorable à des actions les plus préventives possibles rapproche la position des deux principales économies de la zone euro de celle du PE. « Il est urgent » d'aboutir sur ce dossier, a-t-il encore rappelé.

Le président de la BCE a par ailleurs rappelé que la croissance, après une forte hausse en début d'année, ralentira au deuxième semestre, tandis que l'inflation restera au-dessus de 2%. En réponse aux propos de la directrice générale du FMI Christine Lagarde selon laquelle le secteur bancaire européen nécessite une recapitalisation urgente (voir autre nouvelle), il a rejeté tout problème de liquidité pour le secteur bancaire. (M.B.)