Les pays en développement et les pays en transition, premiers récipiendaires d'IDE en 2010, devant les pays développés. L'investissement direct étranger dans le monde n'a pas encore retrouvé ses niveaux d'avant la crise, même si certaines régions affichent de meilleurs résultats que d'autres. Sauf éventuelle crise économique, les flux d'IDE retrouveront leurs niveaux d'avant la crise au cours des deux prochaines années, souligne le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, dans la préface du rapport sur l'investissement dans le monde 2011 publié récemment par la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement). Les flux mondiaux d'investissement direct étranger ont légèrement augmenté dans le monde en 2010, pour s'établir à 1 240 milliards de dollars, mais étaient encore inférieurs de 15% à leur niveau moyen d'avant la crise, alors que la production industrielle et le commerce au niveau mondial avaient, eux, retrouvé leurs niveaux d'avant la crise. La Cnuced estime que les flux mondiaux d'IDE retrouveront ce niveau dès 2011, pour s'établir dans une fourchette de 1 400 à 1 600 milliards de dollars. Ils devraient ensuite atteindre 1 700 milliards de dollars en 2012 puis 1 900 milliards en 2013, approchant le niveau record de 2007. Ce scénario positif ne vaut toutefois qu'en l'absence de toute crise économique mondiale inattendue. Pour la première fois, les pays en développement et les pays en transition ont, ensemble, absorbé plus de la moitié des flux mondiaux d'IDE, avec 642 millions de dollars reçus contre 602 millions pour les pays développés. Les sorties d'IDE de ces pays ont également atteint des niveaux records (+21%), la majeure partie de ces investissements concernant d'autres pays du Sud. Par contre, quelques-unes des régions les plus pauvres ont continué d'accuser un recul des flux. Sont concernés les pays africains, les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement. En revanche, les flux d'IDE vers les pays développés ont continué de diminuer. Les flux vers l'Asie du Sud ont également diminué. Parallèlement, les flux d'IDE vers de grandes régions émergentes, telles que l'Asie de l'Est et du Sud-Est et l'Amérique latine, ont enregistré une forte croissance. Plus particulièrement: 1) les flux d'IDE vers l'Afrique ont diminué de 9% en 2010. Avec 55 milliards de dollars, la part de l'Afrique dans le total mondial s'est établie à 4,4% en 2010 contre 5,1% en 2009, avec l'essor du Ghana comme récipiendaire d'IDE et la diminution des flux vers l'Angola et le Nigéria ; 2) les flux vers l'Asie de l'Est, du Sud-Est et du Sud ont globalement augmenté - d'environ 24% en 2010 - pour s'établir à 300 milliards de dollars. Les tendances ont été toutefois extrêmement différentes dans les trois sous-régions: les flux vers l'ASEAN ont plus que doublé, ceux vers les pays d'Asie de l'Est ont augmenté de 17% et ceux vers l'Asie du Sud ont diminué d'un quart. La Chine, premier pays d'accueil d'IDE dans le monde en développement, a vu les flux progresser de 11% pour s'établir à 106 milliards de dollars. L'Inde et le Pakistan ont vu leur flux diminuer de, respectivement, 31% et 14%. Les flux vers le Bangladesh ont bondi de 30%. Les flux vers l'Asie occidentale ont continué par contre à être freinés par la crise mondiale (-12%) ; 3) les flux d'IDE vers l'Amérique latine et les Caraïbes ont augmenté de 13% en 2010. La plus forte hausse a été enregistrée en Amérique du Sud (56%), le Brésil occupant une place privilégiée ; 4) les flux d'IDE vers les pays en transition ont légèrement diminué en 2010. Les flux vers les pays de la Communauté d'États indépendants (CEI) n'ont augmenté que de 0,4%. En Fédération de Russie, les flux ont augmenté de 13%. En revanche, les flux vers l'Europe du Sud-Est ont fortement diminué pour la troisième année consécutive ; 5) les flux d'IDE vers les pays développés ont très légèrement diminué mais la situation est inégale selon les sous-régions. En Europe, la baisse a été marquée. Les flux ont également diminué au Japon. Par contre, les flux vers les États-Unis se sont très sensiblement redressés, avec une hausse de plus de 40%. (I.L.)