Bruxelles, 02/08/2011 (Agence Europe) - Dans une tribune publiée le 30 juillet dans le quotidien romain Il Messaggero, l'ancien président de la Commission européenne et ancien Premier ministre italien, Romano Prodi, critique vertement l' « égoïsme allemand » en se référant à la vente récente, par la Deutsche Bank, « de la quasi-totalité des huit milliards de titres de la dette publique italienne qu'elle détenait ». Une opération qui adresse aux marchés « un impressionnant signal de défiance vis-à-vis de l'Italie », à un moment où l'Italie est traitée « au même niveau que l'Espagne », alors que sa structure économique (déficit budgétaire, taux de chômage nettement, solidité du système bancaire) est nettement plus saine. Et M. Prodi de citer un rapport du 20 juillet dernier dans lequel la même Deutsche Bank vantait pourtant les perspectives de liquidité et de solvabilité italiennes, malgré le niveau élevé de la dette du pays et concluait que « les ventes récentes [d'obligations italiennes] apparaissent agressives et non justifiées du point de vue des perspectives italiennes ».
Cela amène l'ex-président de la Commission à se demander qui, dans ce contexte, peut défendre les intérêts italiens, puisque, ni le ministre des Finances, Tremonti, ni le Premier ministre Berlusconi n'ont protesté auprès de leurs homologues allemands. Cela l'amène aussi à s'interroger politiquement sur la «cohérence entre les déclarations de principe des gouvernements européens et les comportements des acteurs financiers qui devraient contribuer à mettre en pratique ces déclarations et qui, par contre, […] envoient des signaux qui minent terriblement et de façon injustifiée l'un ou l'autre pays ». Un manque de cohérence qui traduit l'affaiblissement de la solidarité dans l'UE et la perte d'influence des États, qui cèdent le pas « à d'autres acteurs - agences de notation ou grandes structures financières - devenus ultra-puissants et presque incontrôlés ». D'où son appel à un sursaut du politique. (F.G.)