Bruxelles, 02/08/2011 (Agence Europe) - Aucun plan de sauvetage n'est sur la table pour venir en aide à l'Espagne, à l'Italie ou à Chypre, trois pays de la zone euro sous la pression croissante des marchés et des agences de notation, a affirmé mardi 2 août la Commission européenne.
Les taux des obligations espagnoles et italiennes à 10 ans atteignaient mardi 2 août de nouveaux plus hauts depuis la création de la zone euro, les investisseurs craignant que le problème de la dette de ces pays n'empire à cause d'un ralentissement de la croissance économique. Ce 'spread', qui mesure la prime de risque entre l'Allemagne et les autres pays, s'établissait mardi matin à 393 points de base pour l'Espagne, et à 374 points de base pour l'Italie.
« La question d'un programme d'aide ou de sauvetage n'est pas sur la table, ce n'est pas une question qui est discutée », a soutenu une porte parole de la Commission européenne, en réponse à des questions sur l'Espagne. Selon la Commission, les autorités espagnoles « prennent toutes les actions nécessaires en matière de consolidation budgétaire. Nous demeurons totalement confiants que ces actions sont en train d'être prises et que les autorités espagnoles font ce qui est nécessaire pour remettre l'économie sur le droit chemin ».
En parlant de l'Espagne et de l'Italie, la porte parole de la Commission a déclaré: « Les deux pays prennent des mesures pour résoudre les problèmes économiques, avec des mesures d'austérité budgétaires. Ces deux pays ont la volonté de procéder aux réformes convenues aussi rapidement possible ». Selon la Commission, il n'y a pas de faits qui prouveraient que la situation a changé ces derniers jours. Les experts de la Commission restent en contact avec les autorités italiennes et espagnoles.
Le comité de stabilité financière italien, composé des plus hautes autorités économiques du pays, s'est réuni mardi après-midi. En Espagne, le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero a fait savoir mardi qu'il retardait ses vacances pour surveiller la situation économique.
Interrogée sur la situation de Chypre, qui a vu sa note abaissée consécutivement par Standard & Poor's et Moody's, la Commission a affirmé qu'il n'était « pas question d'un plan d'aide », car le pays est « déterminé » à faire le nécessaire en matière de consolidation budgétaire. La Commission a rappelé que ce pays s'est engagé à réduire son déficit public pour le faire passer à 4% du PIB en 2011et 2,5% en 2012. Lundi, la plus grande banque commerciale de Chypre, Bank of Cyprus, avait appelé le gouvernement de Nicosie à prendre rapidement des mesures pour éviter de demander à la Commission un plan de sauvetage financier.
Depuis la réunion du 21 juillet des chefs d'État et de gouvernement des pays de la zone euro, « les travaux techniques sont en cours, les experts à la Commission et dans les pays se sont attelés à la tâche. Les experts travailleront tout l'été pour donner une forme concrète à l'accord » des dirigeants des pays de la zone euro, a poursuivi la porte parole. L'accord consiste en un deuxième sauvetage de la Grèce (160 milliards d'euros) et en des mécanismes pour venir en aide aux autres pays en difficulté. (L.C.)