Bruxelles, 12/03/2011 (Agence Europe) - Les dirigeants de la zone euro ont refusé, après des longues discussions jusque samedi matin 12 mars, d'accorder dans l'immédiat une réduction du taux d'intérêt payé par l'Irlande pour les prêts européens qui lui ont été accordés. Ils ont par ailleurs décidé de renforcer leurs deux instruments destinés à préserver la stabilité financière de la zone euro et de faire un geste à l'égard de la Grèce, en réduisant de 5,2% en moyenne à 4,2% le taux d'intérêt des prêts européens accordés à Athènes dans le cadre du plan de sauvetage et en allongeant les délais de remboursement du pays (voir autres nouvelles du jour).
Le cas de l'Irlande, à qui une aide financière internationale de 67,5 milliards d'euros a été attribuée, a fait l'objet de discussions particulièrement animées. L'Allemagne et la France ont demandé à cet État membre d'augmenter son taux d'imposition des sociétés, actuellement fixé à 12,5%, s'il veut bénéficier de conditions allégées aux prêts octroyés. Le nouveau premier ministre irlandais Enda Kenny a refusé tout net, s'inscrivant dans la lignée du précédent gouvernement. « Ce n'était pas possible de parvenir à un accord pour l'Irlande ce soir. J'espère que les discussions vont se poursuivre intensément durant les prochaines semaines », a-t-il indiqué, en promettant de se battre « des semaines » pour défendre le taux d'imposition des sociétés irlandais. M. Kenny rencontrera, avant fin mars, le président de la BCE Jean-Claude Trichet.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles l'Irlande n'a pas obtenu la diminution du taux d'intérêt qu'elle réclame, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a estimé que Dublin n'avait « pas rempli toutes les conditions requises ». Sans préciser lesquelles, il a espéré que cette situation soit temporaire. Fin mars, le Conseil européen se saisira à nouveau de la question.
« Il est difficile de demander aux autres pays d'aider alors que l'Irlande entend garder les impôts sur les bénéfices des sociétés les plus bas d'Europe », a considéré M. Sarkozy, qui n'entend quand même pas réclamer à Dublin un taux d'imposition des sociétés comparable à celui des autres États membres. « Il a été envisagé de demander à l'Irlande de faire un geste, et à la minute où je vous parle, satisfaction n'a pas été obtenue », a-t-il ajouté. Sur cette question fiscale, la France, l'Allemagne, l'Espagne, la Grèce et le Portugal sont sur la même ligne. « Le président français a des idées plutôt claires sur le sujet de l'impôt sur les sociétés depuis un moment. Mais moi aussi », a réagi Enda Kenny.
« Nous n'étions pas encore vraiment satisfaits de ce que l'Irlande a proposé, et c'est pourquoi la baisse des taux d'intérêts (des aides accordées) a été décidée seulement pour la Grèce », a fait la savoir chancelière allemande Angela Merkel. (M.B./L.C.)