Bruxelles, 12/03/2011 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement de l'Eurozone ont créé la surprise, samedi 12 mars au petit matin, en levant le voile sur la réponse globale qu'ils souhaitent apporter à la crise de la dette souveraine. Ils ont décidé d'augmenter à 440 milliards d'euros la capacité effective de prêt du Fonds européen de stabilité financière (FESF) (ou EFSF pour 'European Financial Stability Facility') créé en mai 2010 pour garantir la stabilité de la zone euro. Cet instrument, ainsi que le Mécanisme européen de stabilité (MES ou ESM pour 'European Stability Mechanism') qui le remplacera à la mi-2013, auront la capacité d'intervenir sur le marché primaire pour racheter des titres de dette souveraine, une compétence longtemps combattue par les pays vertueux, l'Allemagne en tête. Le taux d'intérêt fixé aux prêts accordés à la Grèce sera réduit de 1%. Mais pas le taux des prêts accordés à l'Irlande, comme si Dublin était puni de son intransigeance sur les questions fiscales. Par ailleurs, les Dix-Sept ont marqué un accord de principe sur le 'Pacte pour l'euro'.
Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy s'est félicité que les leaders européens aient marqué leur accord sur trois éléments visant à la fois la Facilité EFSF et le futur Mécanisme ESM: - « Nous nous assurerons que les montants soient totalement disponibles », à savoir 440 milliards d'euros pour l'EFSF et 500 milliards d'euros pour l'ESM, par le biais de « garanties » apportées par les pays participants ; - « La Facilité et le Mécanisme auront la capacité d'intervenir sur le marché primaire dans le contexte d'un programme » soumis à une forte « conditionnalité »: - « Afin de mieux tenir compte de la durabilité des dettes, nous baisserons les taux d'intérêt, en conformité avec les principes du FMI de fixation des prix ». La maturité des prêts accordés à la Grèce a ainsi été étendue à sept ans et demi (contre quatre ans et demi actuellement) tandis que le taux d'intérêt afférent a été abaissé de « 1% » (de 5,2% à 4,2%). La flexibilité accrue de la Facilité EFSF et du Mécanisme ESM sera soumise à condition, a confirmé le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso.
Pour le président français Nicolas Sarkozy, les deux fonds de sauvetage « interviendront principalement sous forme de prêts » en cas de nécessité mais ils pourront aussi « souscrire des émissions obligataires sur le marché primaire ». Cette phrase, ça n'a l'air de rien, mais cela a « nécessité énormément de travail », a-t-il assuré. La Banque centrale européenne aurait souhaité que les fonds de sauvetage soient aussi en mesure de racheter des titres de dette existants et pas uniquement directement aux pays en question. (M.B./L.C.)