Bruxelles, 16/09/2010 (Agence Europe) - Le Conseil de l'Europe a proposé, jeudi 16 septembre, une réunion à haut niveau avec ses 47 États membres et l'Union européenne pour lancer un processus destiné à améliorer l'intégration socio-économique des Roms. Le secrétaire général de l'organisation, Thorbjoern Jagland, a fait cette annonce devant le comité des ministres du Conseil de l'Europe qui réunit régulièrement les chefs de la diplomatie des pays membres ou leurs représentants. Il s'agit, a-t-il indiqué, d'une « initiative pour aider à surmonter les problèmes immédiats et à long terme concernant les droits et obligations des communautés roms dans toute l'Europe », selon un communiqué publié à Strasbourg. « J'estime qu'il est de notre responsabilité de travailler avec ces États membres pour trouver des solutions aux problèmes actuels », a indiqué le secrétaire général. Selon lui, l'objectif de cette réunion ministérielle est double: il s'agira dans un premier temps de clarifier les normes du Conseil de l'Europe et de l'Union applicables aux migrations des populations roms et, ensuite, de lancer un processus associant le Conseil de l'Europe, l'Union et les gouvernements nationaux et portant sur des actions concrètes destinées à améliorer l'intégration économique et sociale des Roms en Europe. « C'est un problème qui concerne toute l'Europe et qui appelle donc une réponse paneuropéenne. La marginalisation économique et sociale, et tous les problèmes qui s'ensuivent, ne sont pas limités à un groupe, ni à un pays », a souligné M. Jagland. Et d'ajouter: « Le Conseil de l'Europe est résolu à travailler avec ses partenaires dans les États membres pour garantir le respect de ses normes. Il ne s'agit pas seulement d'un impératif juridique et moral; le respect des droits de l'Homme est un atout pour la conduite de toute action publique, y compris dans le domaine des migrations ».
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjoern Jagland, rencontrera, ce vendredi 17 septembre, le secrétaire d'État français chargé des Affaires européennes, Pierre Lellouche, pour discuter de l'initiative. De son côté, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a estimé que « renvoyer des familles de Roms d'un pays européen à l'autre ne résout rien ». Ce dernier a rappelé que si Paris a « particulièrement visé » les Roms originaires de Roumanie et de Bulgarie, Copenhague, Rome et Stockholm ont aussi procédé récemment à des expulsions. (B.C.)