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Bulletin Quotidien Europe N° 10204
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/pakistan

La commission du développement soutient l'action de Mme Georgieva et plaide pour une force de réaction rapide

Bruxelles, 31/08/2010 (Agence Europe) - Dès la reprise des ses travaux, mardi 31 août, la commission parlementaire du développement du Parlement européen s'est penchée sur la situation au Pakistan « frappé par l'une des pires catastrophes que le pays ait connues et nécessitant une intervention humanitaire d'envergure puisque plus de 20 millions de personnes sont affectées directement ou indirectement », a souligné d'entrée de jeu la présidente Eva Joly (Verte, Française). L'exposé de Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises, venue faire rapport sur la mission qu'elle a effectuée la semaine dernière dans le pays dévasté par les inondations (EUROPE n° 10202 et 10201) lui a permis d'insister sur l'ampleur de la tragédie, sur la rapidité et la générosité de la réponse européenne (70 millions d'aide d'urgence, 230 millions d'euros de promesses de dons en réponse à l'appel des Nations unies, mobilisation de moyens de protection civile). Une occasion aussi pour elle d'en appeler au Parlement pour qu'il réponde, le moment venu, aux nécessaires besoins en fonds supplémentaires, le plus dur de la crise étant à venir avec les risques d'épidémies et la menace de crise alimentaire. Les 70 millions d'euros d'aide d'urgence engagés par la Commission seront formellement mis à disposition ce mardi 31 août, « mais je peux déjà vous dire que ça ne suffira pas. Je suis inquiète. La saison des ouragans n'est pas terminée, mais je n'ai plus de fonds avec la succession de désastres cette année. Je vous assure que le maximum sera tiré de chaque euro donné, mais nous allons devoir nous tourner vers vous », a annoncé Mme Georgieva.

Les membres de la commission ont été nombreux à remercier la commissaire pour s'être rapidement déplacée sur le terrain pour exprimer la solidarité européenne. Tous ont insisté sur la nécessité de se préparer d'ores et déjà à la reconstruction rapide du Pakistan, plusieurs ont plaidé pour que soit trouvée une solution à la dette internationale du pays, d'autres encore ont appelé à la mise sur pied d'une force de réaction rapide de l'UE, sur la base du rapport Barnier de 2006, pour accroître sans tarder l'efficacité européenne en cas de catastrophe future de telle ampleur.

« Sur les 17 millions de personnes à aider, 8 millions sont dans le plus cruel besoin, 1,2 million de maisons ont été détruites, 1 300 km2 sont inondés, soit une surface égale à 5 fois la Belgique, 1,74 million d'hectares de terres arables sont ravagées, selon le ministre de l'agriculture du Pakistan, mais la Banque asiatique de développement, la Banque mondiale et le PNUD parlent plutôt de 3,4 millions d'hectares . Le problème le plus épineux est d'accéder aux personnes dans le besoin. 800 000 personnes sont difficiles à atteindre, soit parce que les infrastructures sont détruites, soient parce qu'elles sont entourées d'eau. Cela donne une idée de l'ampleur du défi à relever », a déclaré la commissaire. Et si le niveau d'eau a baissé, le plus profond de la crise n'est pas encore atteint. « Sur les 8 millions de personnes nécessitant une aide d'urgence, 2 millions seulement ont reçu de l'aide. Avant l'amélioration il y aura une détérioration de la situation, malgré le retrait de l'eau », a averti la commissaire. Et d'ajouter que l'accès du personnel humanitaire aux populations en détresse n'est pas seulement un problème matériel ; c'est aussi un problème de sécurité.

Au cours du débat M. Goerens (ADLE, Luxembourgeois) a suggéré qu'à l'avenir, une veille parlementaire soit assurée pendant les congés d'été pour éviter que le Parlement soit présent lors de la survenue de pareille catastrophe. Il a également appelé à la volonté politique des États membres pour répondre au besoin en coordination accrue de l'aide européenne. « Le rapport Barnier est là. Il suffit de le mettre en place ». Mme Georgieva a reconnu la nécessité de renforcer la capacité de réaction de l'UE et « de déployer nos instruments de façon plus coordonnée ». En réponse à Mme Striffler (PPE, Française), impatiente de prendre connaissance de la communication de la Commission à ce sujet attendue cet automne, elle a précisé: « L'UE a besoin d'un mécanisme de coordination plus fort. Actuellement, il fonctionne, mais ce que nous devons renforcer, ce sont les moyens de prévention ». Vittorio Prodi (S&D, Italien), l'un des rares à avoir pointé du doigt « la rapidité insuffisante » de la réponse européenne, a plaidé, lui aussi, pour l'amélioration de « nos capacités d'intervention en cas de catastrophe, en insistant sur la nécessité de traiter de l'adaptation au changement climatique ». Arsenis Kriton (S&D, Grec) a salué l'accent mis par la commissaire sur l'importance d'aider le Pakistan à développer sa capacité de résilience aux catastrophes naturelles et au changement climatique en particulier. Il a également plaidé, comme Mme Lambert (Verte, Britannique), pour un moratoire sur la dette internationale du Pakistan.

Estimant qu'il faudra « des années d'engagements pour que le Pakistan recommence à avancer », M. Karim (ECR, Britannique) a appelé de ses vœux le transfert des connaissances européennes et l'amélioration de l'accès des produits pakistanais au marché européen. L'ambassadeur pakistanais auprès de l'UE, tout en remerciant chaleureusement l'UE pour son aide a, lui aussi, insisté sur ce point. La commissaire Georgieva a répondu que la question allait être étudiée, mais que l'ouverture plus grande du marché européen supposait des conditions et « qu'il fallait être deux pour danser la valse ». Par souci de cohérence, il convient en outre de veiller à ne pas sous-estimer les conséquences d'une telle mesure pour d'autres pays. (A.N.)

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