Bruxelles, 31/082010 (Agence Europe) - La Commission européenne a fait part, mardi 31 août, de ses réserves concernant le projet d'accord gazier entre la Pologne et la Russie relatif à l'extension des fournitures de gaz russe, et mis en doute sa conformité avec les règles européennes. Les gaziers russe Gazprom et polonais PGNiG ont conclu en janvier dernier un accord à long terme portant sur des livraisons et du transit de gaz, qui n'a toutefois toujours pas été entériné par Varsovie, qui attend l'avis de la Commission. L'accord prévoit notamment la prolongation jusqu'en 2045 d'un contrat de transport de gaz russe vers les pays d'Europe de l'ouest à travers la Pologne via le gazoduc Iamal-Europe. Les doutes de la Commission portent en grande partie sur la firme EuRoPol Gaz, qui appartient à Gazprom et PGNiG à hauteur de 48% chacun, PGNiG étant le gestionnaire du tronçon polonais du gazoduc Iamal, qui achemine du gaz sibérien en Europe. « Nos préoccupations portent sur la gestion du gazoduc. Nous voulons la garantie que d'autres opérateurs gaziers pourront avoir accès au gazoduc et que les tarifs pour l'accès sont équitables », a expliqué un porte-parole de la Commission, soulignant que l'accord doit avant tout bénéficier aux consommateurs polonais. « Nous examinons le contrat. Il doit respecter la législation de l'UE » qui exige que de telles infrastructures soient gérées de manière indépendante et que des opérateurs extérieurs qui le demandent puissent y avoir accès, a expliqué le porte parole, avant de conclure: « Nous voulons être certains qu'il ne s'agit pas d'un gazoduc géré par un ou deux opérateurs seulement ». Le dossier sera discuté entre le commissaire européen à l'Énergie Günther Oettinger et le ministre polonais de l'Economie Waldemar Pawlak le 6 septembre à Bruxelles. (E.H.)