Bruxelles, 26/05/2010 (Agence Europe) - Les ministres de la Recherche de l'UE ne sont pas parvenus à s'entendre, mercredi 26 mai, sur le financement du projet international de fusion nucléaire ITER. « Nous ne sommes actuellement pas en mesure de conclure un accord, même si tous les États membres sont conscients de cette nécessité », a reconnu Cristina Garmendia, la ministre espagnole de la Science et l'Innovation. Il est vrai que le temps presse puisque la prochaine réunion du Conseil ITER, prévue avec l'ensemble des partenaires internationaux, aura lieu le 17 juin prochain, en Chine. Alors que la phase principale de construction du réacteur thermonucléaire expérimental ne doit démarrer qu'en 2012 à Cadarache, les difficultés financières s'accumulent. La Commission a récemment réclamé une rallonge de financement européen de 1,4 milliard d'euros pour la période 2012-2013. Selon elle, ce financement devrait être pourvu, soit par le relèvement du plafond dans le budget de l'UE, soit par des financements supplémentaires émanant directement des États membres, estime la Commission (EUROPE n° 10133). Mais les États membres ne sont pas d'accord sur les modalités de financement proposées par la Commission et préfèrent ne pas déborder des perspectives financières actuelles. Ils souhaiteraient aussi que la Commission étudie l'option d'une participation de la BEI au montage financier. « ITER est un projet clef pour l'Europe. Nous allons travailler de manière intense pour arriver à un accord car il y a urgence à cause des délais », a affirmé Mme Garmendia, assurant toutefois qu'il fallait être « sûr des modalités » de financement. De son côté, la commissaire à la Recherche, Máire Geoghegan-Quinn, a indiqué que le temps pressait avant la réunion de la mi-juin et a formellement demandé au Conseil de donner des assurances sur le financement à long terme pour la poursuite du projet. Pour sortir de l'impasse, la Présidence espagnole a proposé la création d'une task force réunissant les experts de la Commission et des États membres en vue d'analyser les différentes options de financement. Les résultats de cette task force seront discutés en COREPER, voir lors d'un Conseil Compétitivité exceptionnel. L'Union européenne cofinance à hauteur de 45,46 % la construction d'ITER. Les autres pays partenaires internationaux participent chacun pour 9 % au coût de la construction (la Chine, le Japon, la Corée, la Russie et les États-Unis). La France a quant à elle promis de payer 20 % de la charge européenne en échange de sa construction à Cadarache. (B.C.)