Bruxelles, 08/04/2010 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 8 avril, que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement resterait inchangé, à 1%. Il en est de même de ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt qui demeurent, respectivement, à 1,75 % et 0,25 %. Les taux sont toujours « appropriés », a estimé Jean-Claude Trichet après la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE. Devant la presse, il a confirmé que « l'évolution des prix devrait rester modérée » à moyen terme, alors que l'activité économique augmentera à un rythme également « modéré » et inégal en 2010.
Interrogé sur son scepticisme initial quant à la participation du FMI au mécanisme de soutien à la Grèce, M. Trichet a tenté d'arrondir les angles, assurant qu'il n'avait jamais été question d'exclure le Fonds, mais plutôt de s'assurer que les États membres ne s'exonèrent pas de leurs propres responsabilités. « La position de la BCE a toujours été de dire que nous souhaitons que les gouvernements de la zone euro fassent ce qui leur incombe ». Quant à la défiance persistante des marchés depuis la déclaration du 25 mars, M. Trichet la trouve plutôt infondée. La déclaration des chefs d'État de la zone euro « était bienvenue » et constitue un cadre d'action « réalisable si c'était nécessaire », juge-t-il. Sans vouloir commenter le niveau actuel des « spreads » (écart de taux entre les obligations d'État), il en a appelé à la raison des marchés. « Compte tenu de toutes les informations en ma possession, un défaut de la Grèce n'est pas en discussion », c'est même « hors de question », a-t-il affirmé. En fait « personne ne devrait prendre à la légère la décision prise par tous les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro », a-t-il déclaré, « c'est un très, très, sérieux engagement ». Quoi qu'il en soit, si l'aide devait être déclenchée (à la demande du gouvernement grec), la BCE sera attentive à ce que les conditions soient respectées (que le mécanisme ne comporte pas de subvention). Le taux d'intérêt qui sera demandé à la Grèce devrait « au moins couvrir les coûts de refinancement des gouvernements » de la zone euro qui seraient éventuellement appelés à fournir des prêts bilatéraux, a estimé M. Trichet.
Le Conseil des gouverneurs a par ailleurs décidé de prolonger jusqu'en 2011 l'assouplissement des règles en vigueur en matière de collatéraux, c'est-à-dire les titres que la BCE accepte en garantie pour ses opérations. Une initiative plutôt bienvenue pour la Grèce, qui risquerait d'avoir plus de difficultés à se financer auprès de la BCE en cas de retour rapide à des règles plus strictes. (A.B.)