Bruxelles, 25/03/2010 (Agence Europe) - À la surprise générale, le Parlement européen a adopté, jeudi 25 mars, des mesures destinées à encadrer la surveillance, par l'agence Frontex, des frontières extérieures maritimes de l'UE. Même si la majorité des députés, 336 voix pour, 253 contre et 30 abstentions, a voté en faveur du rejet des mesures proposées, la majorité absolue, fixée à 369 votes, n'a toutefois pas été atteinte. La proposition a ainsi été adoptée, contre l'avis de la commission des libertés civiles (LIBE), compétente sur ce dossier (EUROPE n° 10101). La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, s'est félicitée de ce résultat, rappelant que cette décision était « nécessaire » et « urgente » parce que « le nombre de bateaux en route pour l'Europe augmentera de nouveau dans les prochains mois, comme c'est le cas chaque été », et que les changements adoptés « réduiront les risques de perdre des vies en mer ». Le projet de décision sur lequel les parlementaires étaient appelés à se prononcer contient des lignes directrices visant à aider les États membres confrontés à l'interception de migrants en mer et à leur débarquement à terre. Les députés souhaitaient la mise en place de mesures contraignantes, contrairement aux règles proposées. Le projet de texte prévoit notamment que les États membres opérant sous l'égide de Frontex ont le devoir de porter assistance aux migrants qui se trouvent en situation de détresse en mer, sans tenir compte de leur nationalité, de leur statut ou des circonstances dans lesquelles ils ont été trouvés. Les lignes directrices rappellent également que les agents de Frontex devraient prendre en compte toute requête d'assistance, la situation du bateau, ainsi que la présence d'enfants, de femmes enceintes et de passagers ayant besoin d'une assistance médicale. Enfin, les procédures de désembarquement devraient être menées dans le droit fil des lois internationales et des accords bilatéraux existant entre les États membres et les pays tiers. (B.C)