Bruxelles, 06/08/2009 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 6 août, de maintenir les taux d'intérêt de la zone euro à leurs niveaux respectifs. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement reste donc à 1,00% et ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement 1,75 % et 0,25 %. Ce statu quo, le troisième consécutif, était attendu par les acteurs du marché qui, pour la plupart, ne tablent pas sur des modifications avant un an.
À l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, son président Jean-Claude Trichet a réaffirmé que les taux étaient à des niveaux « appropriés » et que les risques pour la croissance et l'inflation sont équilibrés. Son discours n'a guère varié par rapport au mois dernier, écartant à nouveau tout risque de déflation dans la zone euro. L'inflation de la zone euro a continué à baisser en juillet (à -0,6% contre -0,1% en juin), mais ce nouveau recul des prix en glissement annuel était anticipé et « reflète essentiellement les effets de base résultant des pics des prix des matières premières observés il y a un an ». Cette baisse du niveau général des prix restera « temporaire », a insisté M. Trichet qui s'attend à un retour à des taux d'inflation positifs « au deuxième semestre ». Une évolution des prix à la hausse, conforme à l'objectif de stabilité de la BCE (près de 2%), mais qui devrait rester « retenue » en raison de la faible demande.
Du côté de la croissance, l'activité économique devrait rester faible pour le reste de l'année, mais « le rythme de la contraction ralentit clairement », a précisé M. Trichet, sans vouloir en tirer de conclusions. Des indications plus précises devraient être disponibles à l'issue de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs sur les taux, le 3 septembre, lorsque les nouvelles projections de ses services seront publiées.
Au plus bas depuis le lancement de l'euro il y a 10 ans, ce taux d'intérêt de 1% est néanmoins le plus élevé des principaux pays développés. Jeudi, la Bank of England a aussi annoncé qu'elle maintenait son principal taux à 0,5%, un niveau historiquement bas. À titre de comparaison, le taux directeur de la Federal Reserve américaine se situe dans une fourchette de fluctuation de 0% à 0,25% et le taux de l'argent au jour le jour de la Bank of Japan est quasi nul, à 0,10%. Les effets de la politique monétaire se faisant sentir avec un certain délai, nos mesures produiront progressivement tous leurs effets, a encore insisté M. Trichet qui appelle les banques à répercuter pleinement les décisions prises.
Le Conseil des gouverneurs a également fait le point sur le premier mois de mise en œuvre du programme d'achat d'obligations sécurisées. Après un lent démarrage, la Banque centrale européenne a acheté pour environ 5 milliards d'euros d'obligations sécurisées (adossées à divers actifs dont des crédits immobiliers). Le programme prévoit d'y consacrer un total de 60 milliards d'euros sur douze mois.
Enfin, le président de la BCE a réitéré son désir d'un retour à des finances publiques saines et durables. Il s'est notamment félicité de la position de l'Eurogroupe, qui estime que de nouvelles mesures budgétaires n'étaient pas nécessaires, et a souligné le besoin d'élaborer des stratégies de sortie et d'assainissement budgétaire ambitieuses et réalistes dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance. « Le processus d'ajustement structurel devrait commencer, en tout cas, pas plus tard que la reprise de l'activité économique, et en 2011, il faudra intensifier les efforts d'assainissement, a-t-il exhorté. (A.B.)