Bruxelles, 31/07/2009 (Agence Europe) - L'UE a salué le déroulement pacifique et ordonné des élections législatives anticipées du 29 juillet en Moldova qui ont vu la victoire du Parti communiste, au pouvoir depuis 2001, avec 45,1% des voix et 48 députés sur 101. Cependant, les quatre partis d'opposition, tous pro-européens, cumulent ensemble les 53 sièges restants et pourraient, par conséquent, former un gouvernement de coalition. Des pourparlers entre les quatre partis étaient en cours vendredi 31 juillet. « On ne peut pas encore dire qu'une coalition est formée mais des dirigeants politiques ont fait des déclarations disant qu'une coalition des quatre partis (d'opposition) pouvait être formée », a expliqué Vlad Filat, le chef du principal parti d'opposition, le Parti libéral-démocrate. En revanche, même alliés, ces quatre partis n'auront pas la majorité requise - 61 députés sur 101 - pour l'élection du futur président de Moldova. Or, c'est justement l'incapacité du parlement moldave à élire le président qui avait amené le président communiste Vladimir Voronin à dissoudre l'assemblée et convoquer les élections anticipées du 29 juillet.
Maintenant, la priorité doit être de former rapidement un gouvernement, affirme la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, dans une déclaration publiée jeudi 30 juillet. « J'appelle tous les partis à s'engager dans un dialogue constructif en vue de mettre en place, le plus rapidement possible, un gouvernement capable de réagir à la crise économique et de traiter des nombreux sujets qui décideront de l'avenir du pays ». Elle demande aussi aux autorités moldaves de remédier rapidement aux déficiences dans le processus électoral constatées par la mission d'observation de l'OSCE. L'OSCE s'était dite jeudi « encouragée » par le déroulement des élections législatives mais a appelé à davantage de réformes démocratiques. Le scrutin a respecté nombre de critères internationaux, mais « le processus électoral a démontré que davantage de réformes démocratiques sont nécessaires » pour rétablir la confiance de la population, a notamment constaté l'OSCE.
La Présidence suédoise de l'UE se félicite, elle aussi, du fait qu'après l'évaluation préliminaire de la mission d'observation électorale de l'OSCE, les élections aient respecté de nombreuses normes internationales permettant aux partis politiques de concourir et d'exprimer une pluralité de points de vue. Elle appelle néanmoins les autorités moldaves à enquêter sur les allégations d'irrégularités survenues au cours du processus et les partis politiques moldaves à œuvrer de manière constructive pour établir un climat politique de confiance.
Pour le Parlement européen, qui avait dépêché sur place sept de ses membres, la campagne électorale a notamment été affectée par de subtiles formes d'intimidation et une partialité des médias. « Bon nombre des normes internationales et d'exigences ont été respectées. C'est un signe positif, mais cela réaffirme la nécessité de poursuivre le processus démocratique qui est encore loin d'être achevé et en particulier de rétablir la confiance entre les principales forces politiques », explique le président du Parlement européen, Jerzy Buzek. « Nous pouvons témoigner d'une certaine amélioration, mais l'environnement de la campagne, par rapport à avril, s'est aggravé. Cela est très regrettable. Il reste un certain nombre de sujets de préoccupation », confirme le chef de la délégation du PE chargé d'observer le scrutin. « Selon ma perception, la question cruciale que nous devons régler n'est pas technique mais politique », ajoute Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain), en précisant que « sans un changement démocratique structurel, la Moldova ne sera pas en mesure de faire face à ses défis. La voie à suivre n'est pas moins mais plus de démocratie. Sur cette route, l'UE sera aux côtés de la Moldova ». (H.B./A.B.)