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Bulletin Quotidien Europe N° 9726
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/gÉorgie

L'UE envisage d'envoyer une mission de surveillance

Bruxelles, 26/08/2008 (Agence Europe) - Réuni mardi 26 août, le Comité politique et de sécurité (COPS) n'a pas trouvé un accord global sur l'envoi d'une mission militaire de l'UE en Géorgie. À ce stade, certains États membres restent réticents à l'envoi d'une telle force. Les représentants des 27 auprès du COPS se sont toutefois montrés unanimes sur le besoin d'accroître le rôle de l'UE sur le terrain en renforçant l'équipe du représentant spécial de l'UE pour la Géorgie (de 6 à 8 personnes supplémentaires) et en y envoyant une mission de surveillance dans le cadre de la PESD (politique européenne de sécurité et de défense) qui viendra soutenir les effectifs des Nations unies et de l'OSCE déjà sur place ou en passe de l'être (EUROPE n° 9723). Une mission exploratoire, qui se trouve déjà sur le terrain, doit cependant déterminer au préalable où et quand cette mission de surveillance, similaire à celle envoyée à Aceh en septembre dernier (EUROPE n° 9026), sera déployée.

Le COPS se réunissait à nouveau dans l'après-midi de mardi, afin de préparer une réponse de l'UE à la déclaration de reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud décidée plus tôt dans la journée par le président russe Dmitri Medvedev. Dans un discours, M. Medvedev a en effet indiqué avoir signé les deux motions votées la veille par le parlement russe qui l'invitaient à reconnaître l'indépendance des deux républiques séparatistes. Son appel incitant la communauté internationale à suivre l'exemple russe n'a toutefois pas été suivi. Au contraire, la France, le Royaume-Uni, la Suède, l'Italie, l'Estonie et l'Allemagne notamment ont d'emblée condamné la décision du président russe. Ces pays ont jugé cette décision « regrettable ».

La veille, l'ambassadeur géorgien auprès de l'UE, Mme Salomé Samadashvili, avait indiqué qu'une reconnaissance russe de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie constituerait une « gifle pour l'Europe et le reste du monde ». Mardi, un porte-parole de la représentation géorgienne auprès de l'OTAN a ajouté que la démarche russe était « une infraction pure de l'accord de paix et de l'intégrité territoriale de la Géorgie ».

Lundi, l'ambassadeur Samadashvili avait aussi exprimé le souhait de voir « une présence européenne à part entière sur le terrain », et ce dans les plus brefs délais. « L'UE est le seul acteur à l'échelon international qui dispose des outils nécessaires pour le déploiement d'une mission de surveillance sur le terrain contre laquelle la Russie ne peut soulever d'objections », avait-elle insisté devant des journalistes. Compte tenu du délai inévitable pour la mise en place d'une telle mission, Mme Samadashvili a évoqué la possibilité de donner aux agents de l'UE déjà sur place un mandat pour faire un rapport sur le respect du cessez-le-feu. Ceci serait d'autant plus urgent, selon elle, que la mission OSCE se trouve dans l'impossibilité d'accéder aux régions directement touchées par le conflit.

De manière générale, l'Union européenne devrait aussi faire preuve d'une volonté politique plus forte vis-à-vis de la Russie, et ne plus être aussi « timide » que jusqu'à présent. Les États membres ne devraient pas être découragés par la dépendance énergétique de l'Europe à l'égard de la Russie, souligne-t-elle. Si l'Europe a bien besoin du gaz russe, la Russie, de son côté, pourrait difficilement se passer des « pétro-euros » qu'elle reçoit en échange, a-t-elle plaidé. (A.By./C.D.)