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Bulletin Quotidien Europe N° 9618
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/relations exterieures

Derniers préparatifs pour le Conseil européen

Bruxelles, 07/03/2008 (Agence Europe) - Le Conseil « Affaires générales et Relations extérieures » du lundi 11 mars sera largement consacré à l'examen des conclusions du Conseil européen des 13 et 14 mars à Bruxelles. Les ministres des Affaires étrangères aborderont aussi plusieurs sujets de relations extérieures, préparant ainsi le terrain aux discussions des chefs d'Etat et de gouvernement lors du Sommet, dont l'ordre du jour reste encore à déterminer sur ces points (l'Afghanistan devrait en faire partie). Par ailleurs, plusieurs réunions se tiendront en marge du Conseil. Sont prévus, lundi, une réunion quadripartite avec le Conseil de l'Europe et un Conseil d'association entre l'UE et l'Algérie. Mardi 11 mars auront lieu une troïka ministérielle avec l'Albanie et un Conseil de coopération avec l'Ukraine.

Conseil européen. Les ministres reviendront sur le projet de conclusions du Conseil européen, qui traitera du nouveau cycle triennal de la stratégie de Lisbonne (EUROPE n° 9613 et 9614), des questions climatiques et énergétiques (EUROPE n° 9612 et 9614) et de la stabilité des marchés financiers (EUROPE n° 9612). Les ministres prendront également connaissance d'un rapport du Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana et de la Commission européenne sur les incidences du changement climatique sur la sécurité et la stabilité internationales (voir autre nouvelle), qui sera discuté lors du Sommet.

OMC/Cycle de Doha. Au lendemain de la réunion informelle des ministres du Commerce de l'UE (EUROPE n° 9617), dimanche soir 9 mars à Bruxelles, le Conseil Relations extérieures adoptera des conclusions en vue d'éventuelles discussions de l'OMC au niveau ministériel à Genève (voir autre nouvelle).

Moyen-Orient. Les ministres feront le point sur la situation dans la région. Ils réaffirmeront leur soutien au processus de paix d'Annapolis, alors qu'Israël est en état d'alerte après l'attentat commis dans une école talmudique de Jérusalem, jeudi soir 6 mars, qui a fait huit morts. Cet attentat, le premier perpétré dans la ville depuis un peu plus de quatre ans, a été célébré par des milliers de personnes à Gaza, illustrant le regain de tensions observé depuis le début des opérations militaires d'Israël dans le territoire contrôlé par le Hamas. Le Conseil évoquera aussi l'impasse politique persistante au Liban.

Zimbabwe. Le Conseil examinera la situation dans ce pays à quelques jours des scrutins législatif et présidentiel prévus le 29 mars. Dans ses conclusions, le Conseil devrait réitérer sa préoccupation persistante à l'égard de la situation humanitaire, politique et économique au Zimbabwe, ainsi que des conditions sur le terrain qui risquent de compromettre la tenue d'élections libres et régulières. Il appellera dès lors le gouvernement zimbabwéen à veiller à ce que ces élections soient conformes aux normes internationales.

Géorgie. Les ministres débattront de l'état des relations bilatérales et de la situation politique dans le pays après la grave crise politique de novembre 2007 et les élections présidentielles du 5 janvier dernier. Des élections parlementaires sont programmées pour le mois de mai. La situation en Ossétie du Sud et en Abkhazie (ces deux pays réclament leur indépendance) devrait également être évoquée. Se référant au Kosovo, le parlement de l'Ossétie du Sud vient de demander à l'UE, à l'ONU, à la Russie et à la CEI de reconnaître son indépendance autoproclamée au sein de la Géorgie. Sur ce point, les ministres devraient réitérer la position de l'UE, approuvée le 18 février, selon laquelle le Kosovo est un cas « sui generis » qui ne met pas en cause les principes du droit international et les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Balkans occidentaux. Au cours du déjeuner, le Conseil fera le point sur les développements dans la région depuis le Conseil Relations extérieures du18 février dernier. A propos du Kosovo, les ministres seront informés de l'état d'avancement du déploiement de la mission d'Etat de droit de l'UE (EULEX) et discuteront de l'évolution politique générale dans la région, notamment en Serbie, depuis la déclaration unilatérale d'indépendance du 17 février. A ce stade, selon nos informations, quinze pays membres de l'UE ont reconnu le Kosovo indépendant: Slovénie, France, Allemagne, Royaume-Uni, Danemark, Suède, Lettonie, Estonie, Luxembourg, Belgique, Pologne, Autriche, Irlande, Pays-Bas, Finlande. Le Conseil adoptera aussi des conclusions sur la Bosnie-Herzégovine dans lesquelles les ministres salueront la récente décision du Peace Implementation Council (PIC) de maintenir en place à Sarajevo le bureau du Haut représentant de la communauté internationale aussi longtemps que certaines conditions n'auront pas été remplies (EUROPE n° 9611). La récente communication de la Commission européenne sur les Balkans, présentée le 5 mars (EUROPE n°9616), ne devrait pas encore été débattue lundi par les ministres ; elle figurera, en revanche, au coeur de la réunion informelle (« Gymnich ») des 28/29 mars à Brdo, en Slovénie.

Iran. Egalement au déjeuner, les ministres discuteront du dossier nucléaire iranien, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, lundi 3 mars, une nouvelle résolution renforçant les sanctions prévues dans deux des trois résolutions précédentes (1737 et 1747). La résolution 1803 prévoit notamment l'inspection des navires suspectés de transporter des biens prohibés, la surveillance plus étroite des institutions financières et l'extension de l'interdiction de voyage et du gel des avoirs. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) et l'Allemagne (groupe 5+1) ont aussi invité Javier Solana à poursuivre ses discussions avec le négociateur iranien, Saeed Jalili. Aucune date pour une éventuelle rencontre n'est encore avancée côté européen, l'Iran se préparant par ailleurs à se rendre aux urnes le 14 mars pour des élections législatives. Pour le président Mahmoud Ahmadinejad, la résolution du Conseil de sécurité est quoi qu'il en soit « sans valeur et sans importance » et toute discussion hors du cadre l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) est exclue. Une position qui rend difficile tout progrès sur l'offre de coopération présentée en juin 2006 par les six, qui ont pourtant indiqué, après le vote de la résolution lundi, qu'ils étaient prêts à affiner leurs propositions. (A.B./A.N./H.B.)

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