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Bulletin Quotidien Europe N° 9240
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/liban

Réunion spéciale du Conseil « Affaires générales » le 1er août - La conférence de Rome réclame un cessez-le-feu « avec la plus grande urgence » et l'envoi « urgent » d'une force internationale chargée d'aider l'armée libanaise à « rétablir la sécurité »

Bruxelles, 26/07/2006 (Agence Europe) - Alors que la Présidence finlandaise a décidé mercredi de convoquer une réunion extraordinaire du Conseil « Affaires générales » le 1er août afin de discuter de la situation au Proche-Orient, la conférence internationale de Rome sur le Liban s'est achevée le 26 juillet par l'adoption d'une déclaration commune dans laquelle les participants (dont l'Union européenne, représentée par Erkki Tuomioja, Javier Solana et Benita Ferrero-Waldner) expriment leur « détermination de travailler immédiatement en vue d'aboutir, avec la plus grande urgence, à un cessez-le-feu qui doit être durable, permanent et complet ». Une force internationale au Liban devrait être autorisée « de manière urgente », par un mandat de l'ONU, à venir en aide aux forces armées libanaises pour rétablir la sécurité au Liban, demandent les ministres des Affaires étrangères et représentants des 11 pays (Etats-Unis, Italie, Liban, France, Russie, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Egypte, Arabie Saoudite, Jordanie) et trois organisations (UE, ONU, Banque Mondiale) présents à Rome. Les discussions sur le mandat exact et les modalités pratiques d'une telle mission seront poursuivies dans les prochains jours.

Une « condition fondamentale » pour une stabilité et sécurité durable au Liban est que le gouvernement et l'armée libanaise exercent un contrôle effectif sur l'ensemble du territoire du pays, souligne la déclaration qui insiste en outre sur la mise en œuvre complète de toutes les résolutions du Conseil de sécurité sur le Liban, essentiellement la Résolution 1559. Pour aider le gouvernement libanais dans la reconstruction des infrastructures détruites par les bombardements israéliens, la conférence de Rome a décidé de convoquer une conférence internationale des donateurs pour récolter des fonds. Toute solution durable aux tensions au Proche-Orient doit être une « solution régionale », souligne encore la déclaration, concluant que l'objectif final de tous les efforts doit être une « paix globale et durable » pour toute la région.

« Il est important que nous travaillons avec les pays de la région pour trouver une solution. Cela devrait aussi inclure l'Iran et la Syrie », a dit le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, lors de la conférence de presse après la réunion de Rome. Il est aussi important que les pays qui souhaitent participer à cette force internationale fassent savoir rapidement de quelle manière ils comptent contribuer à cette opération qui doit « aider à stabiliser le Sud Liban et permettre au gouvernement du Liban d'avoir le temps nécessaire pour préparer ses propres troupes, d'étendre son autorité sur l'ensemble du territoire et de placer sous son contrôle toutes les armes qui circulent dans le pays, selon le principe 'une arme, une autorité' », a expliqué M. Annan. Des actions immédiates sont aussi requises pour acheminer l'aide humanitaire, d'où l'importance d'un cessez-le-feu immédiat, a-t-il insisté. Il faut un cessez-le-feu « de toute urgence », mais le plus important est qu'il soit « durable », « car, malheureusement, la région du Proche-Orient a déjà connu trop de cessez-le-feu qui n'ont finalement pas été respectés », a déclaré à la presse, la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. Et d'insister sur le respect de la résolution 1559, y compris par la Syrie « qui jusqu'ici n'a pas respecté ses obligations et responsabilités sous cette résolution ». Elle s'est aussi dite « profondément préoccupée » du rôle de l'Iran dans cette guerre et a réitéré la position américaine que la future force internationale au Liban doit avoir un mandat « fort » avec de « fortes capacités militaires » pour aider l'armée libanaise à prendre le contrôle de tout le pays. Il ne saurait y avoir de retour à la situation qui a précédé l'offensive israélienne, a-t-elle martelé. Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a dit à la presse qu'il continue à appeler à un cessez-le-feu « immédiat » pour mettre un terme aux souffrances de la population civile et acheminer l'aide humanitaire si nécessaire. « Plus nous reportons le cessez-le-feu, plus nous aurons de morts, de destructions et d'agressions contre la population civile », a-t-il dit à la presse.

Par ailleurs, l'UE a réagi mercredi avec consternation à la mort des quatre observateurs de l'ONU qui ont été tués mardi soir lors d'un bombardement israélien sur un poste d'observation de l'ONU dans le Sud Liban. « Des attaques contre le personnel de l'ONU sont inacceptables », affirme une déclaration publiée mercredi par la Présidence finlandaise. La Présidence a aussi demandé une enquête immédiate et globale pour déterminer les circonstances de cet événement tragique et a réitéré son appel à toutes les parties pour qu'elles s'efforcent de mettre un terme au conflit.

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